Huile de palme

Huile de palme : L’huile de palme est une huile végétale extraite par pression à chaud de la pulpe des fruits du palmier à huile. Elle ne doit pas être confondue avec l’huile de palmiste, tirée du noyau des fruits de cette même plante.
C’est l’huile végétale la plus consommée au monde (25 % de la consommation). Ingrédient traditionnel des cuisines d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Asie, elle est actuellement massivement utilisée dans les pays non producteurs pour la fabrication d’aliments transformés, en remplacement des graisses animales (saindoux, beurre…) et des huiles végétales hydrogénées (dites trans).
À ce titre, elle est aussi devenue à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle l’un des symboles des problèmes ou limites rencontrés par l’agro-industrie monoculturale et le « capitalisme agraire ».
Il existe des controverses au sujet de son impact sur la santé, de l’impact de sa production sur l’environnement et des conditions de travail liées à la culture des palmiers à huile. Certains critiquent en effet sa haute teneur en acides gras saturés. Les ONG dénoncent, quant à elles, le développement des plantations de palmiers à huile, synonyme de déforestation en Malaisie, Indonésie et Papouasie-Nouvelle-Guinée. Plus récemment, Amnesty International a publié un rapport dénonçant le travail des enfants et le travail forcé dans ces plantations, en Indonésie.
Histoire de l’huile de palme : L’usage alimentaire et médicinal d’huile de palme remonte au moins à 5 000 ans, comme l’attestent des fouilles archéologiques en Égypte. Les palmiers à huile sont probablement originaires des forêts tropicales humides de l’Afrique de l’Ouest où ils sont exploités localement avant d’être introduits en Égypte par des commerçants arabes et au Brésil par les colons portugais au XVe siècle.
Les noix de palme servaient à nourrir les esclaves objets du commerce triangulaire.
Les marchands européens commercent avec l’Afrique mais l’huile de palme n’est qu’occasionnellement importée en Europe où elle sert d’huile de cuisson, pour la fabrication de savon et de chandelles. Son commerce s’y développe surtout à la fin du XVIIIe siècle, la révolution industrielle en faisant usage comme lubrifiant mécanique, notamment dans les chemins de fer. Son utilisation en Europe augmente encore lorsque les résidus de noix de palme sont donnés comme nourriture au bétail et l’huile de palme servant dans la fabrication de produits pharmaceutiques.
Vers 1870, l’huile de palme constitue la principale exportation de certains pays d’Afrique de l’Ouest, comme le Ghana et le Nigeria. En 1885, William Lever fabrique à Liverpool à échelle industrielle du savon à base d’huile de palme qu’il importe d’Afrique de l’Ouest. Sa fabrique de savon Lever Brothers est devenue par la suite la multinationale Unilever. Jusqu’au XIXe siècle, l’éclairage est assuré par des bougies en suif dangereuses et à la combustion âcre. Les travaux scientifiques de Michel-Eugène Chevreul conduisent au remplacement de ces chandelles par des bougies stéariques, notamment à base d’huile de palme comme en fabrique depuis cette époque l’entreprise londonienne Price’s Candles.
En 1854, Price’s Candles brevette un procédé de distillation de l’huile de palme qui permet de produire la glycérine utilisée dans de nombreuses compositions pharmaceutiques, cosmétiques et dans les pellicules de photos : la nitroglycérine. Néanmoins l’huile de palme est progressivement supplantée par les huiles minérales et les dérivés du pétrole.
Elle refait une percée au début du XXe siècle dans le domaine de l’industrie alimentaire qui est aujourd’hui son principal débouché en raison de son faible coût de production et de ses propriétés physiques et chimiques (bonne conservation, stable à haute température, richesse en β-carotène).
Sa richesse en acides gras saturés la rend solide et malléable à température ambiante, son point de fusion se situe entre 35 °C et 42 °C. De ce fait, c’est une graisse végétale (comme le beurre de cacao) et non une huile.
L’huile de palme rouge (non raffinée ni traitée) est considérée comme l’aliment naturel le plus riche en β-carotène : elle en contient environ 15 fois plus que la carotte. Cette particularité a été utilisée au Burkina Faso pour lutter contre les carences en vitamine des populations (le β-carotène pouvant se transformer dans le corps en vitamine A). C’est également la deuxième huile la plus riche en vitamine E (tocophérols), après l’huile de germe de blé. Cette richesse en β-carotène et en vitamine E de l’huile de palme rouge diminue très fortement après raffinage, chauffage et cuisson, elle n’est donc pas aussi importante dans l’huile de palme classique.
Utilisations de l’huile de palme : A l’échelle mondiale, l’huile de palme est principalement utilisée dans l’industrie alimentaire (80 %), dans l’oléo-chimie (savon, cosmétiques…) (19 %) et en tant qu’agrocarburant (1 %).

Emplois culinaires de l’huile de palme : Les traces les plus anciennes d’huile de palme remontent à cinq mille ans. Elles ont été retrouvées sur une jarre en terre dans une tombe d’Abydos, en Égypte.
L’huile de palme rouge (ou orangée) est utilisée traditionnellement dans les pays producteurs d’Asie, d’Afrique et du Brésil18.
Elle entre notamment dans la composition de plusieurs plats traditionnels : le moqueca de peixe (Brésil), l’aloco, attiéké rouge (Côte d’Ivoire), la sauce graine, (Côte d’Ivoire) et l’eru, le taro sauce jaune, le ekwan, le kock, le koki (Cameroun).

Taxe Nutella : Entre 2013 et 2016 trois versions d’une proposition de loi pour taxer l’importation de l’huile de palme en France sont présentées. La loi sera finalement abandonnée. En effet, en juin 2016, l’Assemblée renonce pour la troisième fois à la taxe Nutella, visant à aligner la taxation de l’huile de palme, très peu taxée, sur celle de l’huile d’olive. Les protestations des principaux producteurs mondiaux d’huile de palme comme l’Indonésie ou la Malaisie sont en partie responsables de ce changement de position. La difficulté de créer une taxe visant une seule huile est également évoquée. Les députés ont finalement voté un amendement du gouvernement dont l’objectif est de revoir dans les six prochains mois « le dispositif actuel de taxation des huiles alimentaires, afin notamment de le simplifier et de favoriser les productions dont la durabilité fait l’objet de critères objectifs ».