Matza (cuisine juive) : La matza (Matzoh au pluriel, Hébreu מַצָּה) est un pain non levé (azyme : sans levain), consommé pendant Pessa’h (la fête de Pâques juive).
Son origine vient de l’exode des Israélites. Selon le texte biblique et la tradition orale, quand ils quittèrent l’Égypte, ils n’avaient pas le temps pour laisser le pain se lever ; le résultat donna la matza. Pour Pessa’h, les ingrédients sont la farine à matza et l’eau. Selon la halakha (*), seules cinq céréales peuvent être utilisées pour élaborer la farine de matza : blé, orge, avoine, seigle et épeautre. En effet, la fermentation des autres céréales, comme le riz, est considérée comme un pourrissement. Lors de l’élaboration de la matza, la pâte à utiliser doit être susceptible de se lever mais on doit l’en empêcher. Pour cela, il faut que la pâte soit pétrie sans arrêt et il faut l’élaborer en moins de 18 minutes car c’est le temps maximum pour empêcher la fermentation. On parle de matza shmura (=lavé) (Hébreu מַצָּה שְׁמוּרָה) lorsqu’elle est élaborée à partir d’un blé surveillé depuis la moisson pour éviter toute humidité et qu’elle est cuite juste après le nettoyage des ustensiles et du four.
(*) La Halakha (hébreu : הלכה « Voie », Halokhe selon la prononciation ashkénaze, plur. halakhot) regroupe l’ensemble des prescriptions, coutumes et traditions collectivement dénommées « Loi juive ».
Essentiellement fondée sur la Bible hébraïque et, dans le judaïsme rabbinique, sur le Talmud, la Halakha guide la vie rituelle ou les croyances de ceux qui la suivent et les nombreux aspects de leur vie quotidienne.
Article connexe :
Pain azyme.
Mythe et légende antisémites au sujet de la matza :
Selon un mythe très ancien (au 11ème siècle), les Juifs ont été accusés de crimes rituels de sang en imbibant la matza avec du sang de jeunes Chrétiens.
Cette ancienne légende, appelée aussi légende de sang, cette accusation, parmi d’autres renforce, la criminalisation des Juifs dans le monde chrétien.
Dans une église de Norwich (ville britannique, chef-lieu du comté du Norfolk), un tableau laisse trace de cette légende. Il montre que des Juifs utilisent le sang d’un enfant pour fabriquer le pain azyme (la matza en hébreu), consommé à l’occasion de la Pâque juive. On va progressivement accuser les Juifs de tuer des enfants chrétiens pour faire la matza qui aurait un élément secret, le sang d’enfant, faisant des Juifs en quelque sorte des vampires. C’est certainement le mythe antisémite le plus puissant au travers de l’histoire du peuple juif.
Suite à cette grave rumeur, des accusations de crimes rituels des Juifs se répandent à travers toute l’Europe (France, Suisse, Allemagne, Espagne, Italie) où de nombreux Juifs sont alors massacrés.
C’est à cette époque (11ème siècle) où l’on passe de l’antijudaïsme classique à l’antisémitisme radical.
