Conjurer : v. tr. (mot venant du latin conjurare « jurer ensemble »).
Le verbe « conjurer » a plusieurs acceptions :
I)
1. Écarter (les esprits malfaisants) par des prières, des pratiques magiques (charmer, chasser, exorciser).
– Citation du romancier français Henri Bosco (1888-1976) : « Une vieille oraison qu’on me faisait réciter dans mon enfance, […] pour conjurer les démons de la nuit » .
2. Détourner, dissiper (une menace), écarter (une catastrophe).
Conjurer un péril, le mauvais sort.
– Citation de l’écrivain français Marcel Proust (1871-1922) : « Un danger semble très évitable quand il est conjuré ».
3. Littérature : Conjurer quelqu’un de (et infinitif), le prier avec insistance de… (adjurer, implorer, supplier).
Je vous conjure de me croire ; je vous en conjure.
II)
1. Préparer par un complot (la ruine, la perte de quelqu’un, spécialement d’un chef).
Conjurer la perte, la mort d’un tyran (comploter, conspirer, tramer ; conjuration, conjuré).
Absolu :– Citation de l’écrivain français Montesquieu (1689-1755) : « Ses ennemis [de Rome] conjuraient contre elle ».
2. Verbe pronominal (littérature) : S’unir dans une conjuration.
Les républicains se conjurèrent contre César (*).
(*) Jules César, aussi simplement appelé César, est un conquérant, homme d’État et écrivain romain, né le 12 ou le 13 juillet 100 av. J.-C. à Rome et mort le 15 mars 44 av. J.-C. dans la même ville.
Par extension : S’allier contre.
– Citation du journaliste et historien français Jacques Bainville (1879-1936) : « Les circonstances allaient se conjurer pour nous rejeter dans le désordre ».
Contraires de conjurer : attirer, évoquer, invoquer.