Romorantin

Romorantin  : Le romorantin est un cépage blanc qui ne monopolise qu’une seule appellation dans le monde, l’AOC Cour-Cheverny, en Sologne, près de Blois, dans la vallée de la Loire (rive gauche). Son origine remonterait à François 1er qui fit venir 60.000 pieds de vigne de Bourgogne pour les faire prospérer non loin du château de sa mère, Louise de Savoie, à Romorantin (d’où son nom). Ils furent plantés à l’automne 1517 sur la route de Pruniers (sur le chemin du Pont de Sauldre) à Romorantin, sur une propriété qui existe encore délimitée par un grand mur de pierres, le  mur des Beaunes* (ou mur des biaudes). Il est d’ailleurs possible de consulter la facture pour cet achat aux Archives nationales.
La légende veut que François 1er ai voulu construire un château à cet endroit mais… ce fut Chambord, à quelques lieues de là. De ce rêve, ne resterait-il aujourd’hui que ce mur des Biaudes et un cépage, le romorantin.
A cette époque, François 1er, qui faisait des fréquents séjours à Romorantin, attiré par la chasse en forêt de Bruadan, avait fait venir de Bourgogne, probablement des environs de Beaune, soixante mille pieds de vigne pour constituer un vignoble en direction de Villefranche-sur-Cher pour la plus grande partie et, pour le surplus, en direction de Pruniers.
D’après le plan de 1673, la longueur du mur est indiquée en perches, ancienne mesure correspondant environ à un pied de 30 centimètres. Le mur avait alors une longueur de 217 mètres, avec un retour sur un chemin allant de Longueville à la route. Précisons cependant que la construction du mur n’était pas alors tout à fait terminée en direction de Romorantin. (Source : Société d’Art, d’Histoire et d’Archéologie de Sologne n°1, Premier trimestre 1987).
D’après les analyses génétiques, le romorantin serait le fruit d’un croisement entre le pinot noir et le gouais blanc (comme le chardonnay d’ailleurs). Les grappes sont moyennes à grosses alors que les baies sont petites. Sur le terroir de Cour-Cheverny aux sols silicieux, le romorantin offre des vins assez fins, fruités et agréables aux notes d’abricot, de pêche, de miel et de fleurs blanches, un vin qui allie puissance, vivacité, finesse et une excellente aptitude au vieillissement. Il est vendangé à maturité tardive et les vins sont vinifiés principalement en sec. Il permet de donner à ce cépage devenu très local, tout son potentiel d’expression. Un vin rare et recherché pour son cépage .
En fait, la zone d’appellation de Cour-Cheverny (donc du romorantin) couvre 11 communes avec une soixantaine d’hectares en exploitation.

  • Cellettes,
  • Cheverny,
  • Chitenay,
  • Cormeray,
  • Cour-Cheverny,
  • Huisseau-sur-Cosson,
  • Montlivault,
  • Mont-près-Chambord,
  • Saint-Claude-de-Diray,
  • Tour-en-Sologne,
  • Vineuil.

Elle englobe une large bande bordant la Loire avec des coteaux rocailleux et sableux, du calcaire en profondeur qui affleure par endroits et des argiles à meulière. Sur le plateau en arrière de Cormeray, à Mont-près-Chambord, les sols sont plus profonds, la roche calcaire est à 2 ou 3 m sous des argiles épaisses et des cailloux en surface. Vers la Sologne, les sols deviennent plus maigres, du côté de Cour-Cheverny, avec des présences plus importantes de sables en surface.

Attention : Il ne faut ne pas confondre entre les appellations voisines Cour Cheverny et Cheverny. L’AOC Cheverny permet de produire des vins blancs, rouges et rosés. Les vins blancs sont issus d’assemblage avec notamment le sauvignon. L’AOC Cour-Cheverny comme on l’a vu ne produit qu’un vin blanc issu exclusivement du romorantin.

36 ares d’une très vieille vigne, c’est ce qu’acheta en 1999 Henri Marionnet, le célèbre viticulteur de Soings (Sologne) à un voisin. 36 ares de très vieux romorantin dont l’ENSA de Montpellier a confirmé les origines préphylloxériques. Il situe son âge de plantation vers 1850 en concluant : Cette vigne ayant génétiquement résisté au phylloxéra, on peut affirmer qu’elle sera éternelle puisqu’un pied mort pourra être remplacé sans problème par marcottage. Elle sera donc là dans mille ans. Henri Marionnet est sans doute aujourd’hui l’heureux propriétaire de la plus ancienne vigne de France.