Silence : n.m. (mot venant du latin silentium)
Le mot « silence » a plusieurs acceptions :
I) Fait de ne pas se faire entendre :
1. Fait de ne pas parler ; attitude de quelqu’un reste sans parler (mutisme).
« Le silence est un contrat tacite, une clause partagée.
Il y a d’un côté celui qui se tait, et de l’autre celui qui ferme ses oreilles » (M. Nimier).
Garder le silence : se taire.
Travaillez en silence, sans rien dire.
Imposer silence à quelqu’un.
Un silence éloquent.
S’enfermer dans son silence.
Rompre le silence.
Elliptique : Silence ! taisez-vous ! (chut).
« Qui donc ose parler lorsque j’ai dit : Silence ! » (Hugo).
Un peu de silence, s’il vous plaît !
Silence dans les rangs !
Silence, on tourne ! (pendant le tournage d’un film).
Minute de silence : hommage rendu à un mort en demeurant debout, immobile et silencieux.
« À midi précis, arrivée du ministre et du maire, et minute de silence en hommage à l’artificier mort au travail » (Y. Queffélec).
Locution proverbiale : La parole est d’argent et le silence est d’or : si la parole est bonne et utile, le silence peut être plus précieux encore.
Moment pendant lequel on ne dit rien.
Une conversation entrecoupée de silences (blanc).
Un long silence (Un ange passe).
« Le silence se prolongeait. Il devenait de plus en plus épais, comme le brouillard du matin » (Vercors).
2. Sens abstrait : Le fait de ne pas exprimer son opinion, de ne pas répondre, de ne pas divulguer ce qui est secret ; attitude de qqn qui ne veut ou ne peut s’exprimer.
Passer qqch. sous silence, le taire.
Cette génération qui « put croire que le silence est salvateur, que l’on éteint la brûlure en la taisant » (A. Ferney).
« Il me faut une impénétrable discrétion et un silence absolu » (Maupassant) (secret).
Silence gardé sur une information (black-out).
Acheter le silence d’un témoin.
La loi du silence, qui interdit aux membres des associations de malfaiteurs de renseigner la police sur les agissements de leurs associés (même quand ils en sont les victimes) (omerta).
La conspiration du silence, par laquelle un ensemble de personnes gardent quelque chose (secret).
Omission, lacune dans un texte juridique.
Le silence de la loi (vide juridique, anomie).
Condamner, réduire l’opposition au silence, l’empêcher de s’exprimer (bâillonner, museler).
Par extension : La raison d’État et « la convenance voulaient qu’il imposât silence aux scrupules de sa fierté » (Gobineau).
En silence : sans le faire savoir, en secret. Souffrir en silence, sans se plaindre.
Le fait de ne pas répondre à une lettre, d’interrompre une correspondance, de ne plus se manifester.
Son silence m’inquiète.
II) Absence de bruit :
1.) Absence de bruit, d’agitation, état d’un lieu où aucun son n’est perceptible (calme, paix).
« Le silence n’existe pas en soi, c’est le négatif du son, c’est le temps délesté de son poids sonore, c’est l’insupportable manque de paroles » (K. Lefèvre).
Travailler dans le silence.
« Dans le silence et la solitude de la nuit » (Baudelaire).
Un silence profond, absolu, assourdissant, de mort (On entendrait une mouche voler).
« Un silence de cimetière plana sur l’assistance » (Hampaté Bâ).
Télécommunication : Zone de silence, dans laquelle la réception des ondes radioélectriques ne peut s’effectuer.
Militaire : Silence radio : interruption volontaire de toute émission électromagnétique destinée à éviter de signaler sa position à l’ennemi ; sens figuré : absence de manifestation, de prise de position.
Silence gardé (sur une nouvelle, une décision officielle) : recommandation officielle pour l’anglicisme : pour black-out.
– Citation de l’écrivain français Jean-Paul Nozière (né en 1943) : « J’ai insisté auprès des diverses instances : médicales, politiques, médias locaux… Silence radio partout ».
– Citation de Régis Carisey (né en 1962) : « Le silence sera le luxe de demain ».
2. Interruption du son d’une durée déterminée, indiquée par des signes particuliers dans la notation musicale ; ces signes eux-mêmes (au nombre de sept) (pause, soupir).