Lingue bleue (poisson)

Lingue bleue

Lingue bleue (poisson) : La lingue bleue est le nom usuel de deux poissons d’eau de mer de la famille des gadidés, voisins de la morue, appelés aussi « julienne » et « élingue » à Boulogne et à Lorient.
La grande lingue, commune en mer du Nord, mesure jusqu’à 1,50 mètre ; la petite lingue, méditerranéenne, ne dépasse pas 90 centimètres.
La lingue bleue est un poisson décrit par le zoologiste anglais Thomas Pennant en 1784 qui le découvrit dans les premières couches de grandes profondeurs entre 350 et 500 m de profondeur dans l’Atlantique Nord jusqu’au Groenland. Il est pour cette raison encore très mal connu.
C’est une des nombreuses espèces de poissons dont les populations semblent s’être rapidement effondrées, depuis qu’on les pêche au chalut (fin des années 1970) sur les zones où les reproducteurs se rassemblent pour la ponte.
Dans certaines statistiques de pêche et sur les étals, cette lingue a été dans certaines zones confondue avec une espèce proche : Molva macropthalma.
Son habitat est encore mal connu, mais il est pêché à assez grande profondeur, jusqu’à plus de 500 mètres.
La lingue bleue a commencé à être significativement pêchée et commercialisée dans les années 1960, mais en faible quantité (2000 à un pic de 5 000 t/an en 1972), avant que les tonnages annuels mondiaux ne grimpent à plus de 25 000 (en 1973) et 30 000 t/an (en 1980), avant de régresser puis se stabiliser (en nombre de prises) de 2004 à 2007, malgré la découverte et l’exploitation de nouvelles aires de pêche pour cette espèce.
Historiquement (depuis quelques décennies), cette pêche s’est faite sur les lieux de rassemblement des lingues pour leur reproduction. L’expérience sur les zones dites Va and Vb montre que les populations de lingue ne se sont pas reconstituées quand le nombre d’individus est devenu bas, même avec une forte diminution de la pression de pêche. Les experts de l’ICES suggèrent donc d’urgemment protéger certaines zones de frayères et reproduction des lingues en y interdisant la pêche.
L’âge des lingues bleues pêchées est très difficile à établir. En évaluer l’état des stocks halieutiques sur la base de la pyramide des âges des populations trouvées est donc encore impossible. Il semble que ce poisson soit (selon Ifremer et le CIEM) plus vulnérable à la surexploitation par surpêche que la lingue franche, et ce pour plusieurs raisons au moins :
– sa croissance est plus lente que celle de la lingue franche.
– il se reproduit plus tardivement.
– il est particulièrement sensible à des épuisements locaux si on le pêche (comme c’est le cas) durant sa saison de ponte, le moment où il a un comportement très grégaire.
Très allongées, gris olivâtre avec une ligne latérale argentée, les lingues, vendues en filets, se cuisinent comme les filets de merlan ou de cabillaud ; mais, parfois, elles sont également salées comme la morue.