Ébranler : v.tr. (mot venant de é- et de branler).
Le verbe « ébranler » a plusieurs acceptions :
1. Provoquer l’ébranlement de (quelque chose), faire trembler, vibrer par un choc (agiter, secouer).
Détonation qui ébranle les vitres.
– Citation de l’écrivain français Gustave Flaubert (1821-1880) : « Quelquefois une charrette lourde passait, en ébranlant les pavés ».
Sens figuré et vieilli : Remuer, exciter.
– Citation de l’écrivain et philosophe genevois Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) : « Il ne faut pas tout dire à la vue, mais ébranler l’imagination ».
2. Compromettre l’équilibre, la solidité de (une construction), à la suite d’un ébranlement.
Une bombe a ébranlé cet immeuble, mais il ne s’est pas écroulé.
Sens figuré : Mettre en danger de crise ou de ruine en portant un coup efficace (déstabiliser, saper).
Ébranler le pouvoir d’un régime, l’autorité de quelqu’un.
Citation de l’avocat au Conseil du Roi et un homme politique français, ministre de la Justice Georges Jacques Danton, dit aussi d’Anton (1759-1794) : « Ce ne sont pas les philosophes qui ébranlent les empires ».
– Citation du journaliste et historien français Jacques Bainville (1879-1936) : « La confiance étant ébranlée, sinon détruite ».
Ce différend n’ébranla pas leur amitié.
L’accident qui a ébranlé sa santé (compromettre).
3. Rendre peu ferme, incertain (les opinions, le moral de quelqu’un), région : déforcer, défranchir.
Rien n’ébranle sa volonté (inébranlable).
«– Citation de l’écrivain français François-René de Chateaubriand (1768-1848) : La violence de l’attaque avait ébranlé ma conviction d’auteur ».
(Complément personne) : Troubler, faire chanceler dans ses convictions.
– Citation de l’écrivain français Marcel Proust (1871-1922) : « Françoise, convaincue ou du moins ébranlée » (affaiblir, entamer).
4. Verve pronominal : Être mis en branle.
Deux citations de l’écrivain, romancier, dramaturge, novelliste, diariste et épistolier français Roger Martin du Gard (1881-1958) :
– « Les cloches de Saint-Jacques s’ébranlaient pour les vêpres ».
– « Pesamment le cortège s’ébranla ».
Contraires d’ébranler : arrêter, maintenir, consolider, confirmer.