Épuiser : v.tr. (mot venant de é- et de puits).
Le verbe « épuiser » a plusieurs acceptions :
1. Sens vieilli : Mettre à sec à force de puiser (assécher, dessécher, sécher, tarir, vider).
Épuiser une citerne, un bassin.
Source qu’on ne peut épuiser (inépuisable).
Par analogie : Épuiser une mine, un filon, en extraire tout le minerai.
Épuiser une carrière longtemps exploitée.
Épuiser un sol, le rendre stérile, infécond en voulant le faire trop produire (amaigrir, appauvrir).
Participe passé adjectival : Terre épuisée qui a besoin d’engrais.
2. Utiliser (quelque chose) jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien (absorber, consommer, dépenser, user).
Épuiser les réserves, les munitions.
Épuiser ses ressources.
Verbe pronominal : Citation du philosophe, journaliste, essayiste et professeur de philosophie français Alain, de son vrai nom Émile-Auguste Chartier (1868-1951) : « Le froid mord, la provision de bois s’épuise ».
Spécialement : Épuiser un stock (en le vendant) (écouler, vendre).
Abstrait : Épuiser tous les moyens, les essayer tous jusqu’au dernier.
– Citation du poète et écrivain français Alfred de Musset (1810-1857) : « Tant que l’homme n’a pas épuisé toutes les chances de bonheur ».
3. User jusqu’au bout.
Épuiser la patience de quelqu’un (lasser).
– Citation du philosophe et secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences Bernard Le Bovier de Fontenelle (1657-1757), : « Bientôt il eut épuisé tout le savoir de son maître ».
Ce travail a épuisé toute son énergie.
Épuiser un sujet, le traiter à fond, sans rien omettre (exhaustif).
– Citation de l’écrivain français Pierre Loti (1850-1923) : « Ils avaient épuisé le sujet […] examiné toutes les faces et prévu toutes les conséquences de cet irrémédiable malheur ».
4. Réduire à un affaiblissement complet (les forces, la santé de quelqu’un (abattre, accabler, affaiblir, anémier, éreinter, exténuer, fatiguer, harasser, user ; familier : crever, essorer, vider).
Cette maladie l’épuise.
Familier : excéder, fatiguer, lasser.
Son bavardage, sa volubilité m’épuise.
Il m’épuise avec ses récriminations continuelles.
S’épuiser (verbe pronominal) : S’affaiblir complètement.
– Citation de l’écrivain français Albert Camus (1913-1960) : « Sais-tu ce que c’est ? Le surmenage. Tu t’épuises ».
Ses forces s’épuisent lentement.
S’épuiser à la tâche.
S’épuiser à faire quelque chose (s’échiner, s’éreinter, s’esquinter, se fatiguer).
S’épuiser à force de crier, à crier (s’époumoner).
S’épuiser en efforts inutiles.
Vous vous épuisez en vain.
Par extension : Je m’épuise à vous le répéter (s’évertuer, se tuer).
Contraires d’épuiser : remplir, approvisionner, enrichir, fortifier.