Jouir : v.tr.ind. (mot venant du latin populaire gaudire, de gaudere « se réjouir », de joie).
Le verbe « jouir » a plusieurs acceptions :
I) Avoir du plaisir :
1. Jouir de : tirer plaisir, agrément, (de quelque chose) (apprécier, goûter, savourer ; profiter -de-).
Jouir de la vie.
Jouir de l’instant.
Jouir de sa victoire, de son triomphe.
– Citation de l’écrivain français Émile Zola (1840-1902) : « Ces dormeuses qui ne dorment plus tout à fait, mais évitent de remuer pour jouir de leur paresse ».
Droit : Jouir d’un bien, en percevoir les fruits (jouissance, usufruit).
2. Absolu : Profiter pleinement des plaisirs que procure ce que l’on a, ce qui s’offre.
– Citation de l’écrivain français Beaumarchais (1832-1899) : « Posséder est peu de chose ; c’est jouir qui rend heureux ».
3. Éprouver le plaisir sexuel (orgasme) (familier : S’envoyer en l’air, prendre son pied).
– Citation de l’écrivaine et philosophe française Simone de Beauvoir (1908-1986) : « Je veux que tu jouisses en même temps que moi, dit-il ».
Familier : Éprouver un vif plaisir.
Ça le fait jouir de nous voir en panne, ce sadique ! (bandant, jouissif).
Par antiphrase : Éprouver une vive douleur physique. On lui a arraché sa dent, ça l’a fait jouir.
II) Posséder. jouir de.
1. Avoir la possession (de quelque chose) (avoir, bénéficier -de-, posséder).
Jouir d’une bonne santé, de toutes ses facultés, d’une grosse fortune, d’avantages (disposer).
Droit : Jouir d’un droit, en être titulaire.
2. Par extension (Choses) : Appartement qui jouit d’une belle vue.
Contraires de jouir : pâtir, souffrir ; manquer (de).