Retenir : v.tr. (mot venant du latin retinere, famille de tenere : tenir).
Le verbe « retenir » a de très nombreuses acceptions :
I) Conserver ; garder pour soi, en vue d’un usage futur
1. Garder (ce qui appartient à autrui) ; refuser de donner (détenir).
Hôtelier qui retient les bagages d’un client insolvable.
Garder (une partie d’une somme) pour un usage particulier (déduire, prélever).
On retient une part du salaire pour les charges sociales (sécurité sociale, retraite,..) (retenue).
2. Faire réserver.
Retenir une chambre dans un hôtel.
Retenir sa place dans le train (louer).
Retenir une date pour une réunion (réserver).
Engager d’avance.
Retenir un taxi pour le lendemain.
3. Conserver, garder dans sa mémoire, ne pas oublier (se souvenir).
Retenez bien ce que je vous dis.
C’est un nom, un mot qu’on retient, facile à retenir.
Retenir un chiffre, une date. Il a retenu la leçon, il en a tiré profit.
Je retiendrai de cette conférence, j’en retiendrai que l’avenir est sombre.
Locution familière : Celui-là, je le retiens : je me souviendrai de lui, en mal.
4. Région (Canada) : Tenir de, ressembler à.
Le petit retient de sa mère. Il retient pas des voisins !
5. Droit : Admettre, garder (un chef d’accusation, un argument). Le jury n’a pas retenu la préméditation.
Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous.
Courant : Prendre en considération (un fait, une idée) pour en tirer parti.
Nous regrettons de ne pouvoir retenir votre proposition.
Retenir la candidature de quelqu’un.
6. Réserver (un chiffre) pour le reporter une colonne plus à gauche, dans une opération (retenue). 28 + 6, je pose 4 et je retiens 1.
II) Ne pas laisser aller, empêcher de se mouvoir librement
1. Faire rester avec soi ; faire demeurer (quelqu’un) quelque part (garder).
Il m’a retenu plus d’une heure (tenir la jambe).
Je ne veux pas vous retenir plus longtemps.
Retenir quelqu’un à dîner.
Je ne vous retiens pas : vous pouvez disposer (formule de congédiement).
Il n’a pas su retenir sa femme.
Retenir qqn prisonnier. Retenir des journalistes en otages.
Choses : immobiliser. Le mauvais temps, la grippe le retient à la maison.
Plus rien ne la retenait à la vie (attacher).
2. Être un objet d’intérêt pour. Retenir le regard de quequ’un.
Votre lettre a retenu toute notre attention.
3. Maintenir (quelque chose) en place, dans une position fixe (synonymes : accrocher, amarrer, arrêter, attacher, fixer, tenir).
Cheveux retenus par un ruban. Câble qui retient l’ancre.
4. Sujet chose : Ne pas laisser passer, conserver ou contenir.
Barrages, écluses qui retiennent l’eau.
Retenir la lumière, la renvoyer.
5. Sujet personne : S’abstenir, différer d’exhaler, de laisser apparaître, de prononcer.
Retenir son haleine, son souffle.
Retenir ses larmes, un geste d’irritation (réprimer).
Retenir un cri.
Rire qu’on ne peut retenir (incoercible, irrépressible).
Retenir sa langue : s’empêcher de parler, par prudence ou discrétion.
6. Saisir, tirer en arrière, afin d’empêcher de tomber, de partir, d’aller trop vite (arrêter).
Retenir qqn par le pan de sa veste, par le bras.
Retenir un cheval, modérer son allure.
Par métaphore : Retenir quelque chose, l’empêcher de tomber.
7. Empêcher d’agir. Retenez-moi, ou je fais un malheur ! (phrase qui permet de faire connaître sa colère sans la manifester).
Sujet chose : empêcher. La discrétion le retint de parler. Je ne sais pas ce qui me retient de lui dire ce que je pense.
III) Se retenir (verbe pronominal)
A. Passif Être gardé en mémoire. Son nom se retient facilement.
B. Réfléchi :
1. Faire effort pour ne pas tomber. Se retenir au bord d’un précipice, sur une pente glissante.
(s’accrocher, se cramponner, se rattraper).
2. S’abstenir, différer de céder à (un désir, une impulsion) (se contenir, se contraindre).
Elle se retenait pour ne pas pleurer (s’empêcher).
Par euphémisme : Différer de satisfaire ses besoins naturels.
Retiens-toi, on va arriver !
Contraires de retenir : abandonner, céder, lâcher, laisser, libérer, animer, entraîner, exciter.