Arouman : L’arouman (nom botanique : Ischnosiphon arouma) est une espèce de plante herbacée néotropicale (*) appartenant à la famille des Marantacées.
(*) Néotropical : Qui a trait à la région s’étendant du sud du Mexique jusqu’aux confins de la Terre de Feu, et englobant à l’est la totalité des Antilles et l’extrémité sud de la Floride, et qui est l’une des six régions biogéographiques définies par les biologistes Ronald Good and Armen Takhtajan.
Cette plante est bien connue en Amazonie et sur le plateau des Guyanes pour ses usages en vannerie traditionnelle.
En Guyane, on l’appelle l’arouman, arouman rouge (créole, ulu : Wayãpi), wevgi (Palikur**), arumã (Portugais), waruma (Kali’na), wama (Wayana), Itiriti (Arawak), weiman (Aluku).
Description : L’inflorescence de l’arouman est caractéristique des Marantacées. Il s’agit d’un panicule d‘inflorescences spiciformes, c’est-à-dire un racème composé d‘inflorescences elles-mêmes racémeuses (drépaniums) d’inflorescences spiciformes, qui sont elles-mêmes des panicules de diades*** (ou racème de drépaniums de diades***).
Écologie : L’arouman croît préférentiellement en bouquet de quelques individus disséminés, dans les sous-bois forestiers, sur des sols bien drainé.
Utilisations : Cette plante est bien connue pour son usage dans la vannerie traditionnelle. Des études ont été menées sur la durabilité de l’exploitation de cette ressource naturelle.
Les Palikur (**) l’emploient également dans des remèdes pour soigner les morsures de serpent et contre le bégaiement.
En cuisine, on se sert des feuilles d’arouman pour envelopper des pâtisseries, comme le dokonon, une douceur des Caraïbes.
Histoire naturelle : En 1775, le botaniste Aublet propose la diagnose suivante : « Maranta (Arouma) caule inferne nudo. Bermudiana juncea, caule altiſſimo. Plum. MJf. 5. t. 23 & 24. »
(**) Les Palikur (ou Palikour, Palikuyene) sont un peuple autochtone vivant dans le Nord de l’État brésilien d’Amapá et dans l’Est de la Guyane (Macouria, Régina, Roura et Saint-Georges-de-l’Oyapock), où ils sont l’une des six ethnies amérindiennes de Guyane. Composé d’environ 2 300 membres (1400 recensés au Brésil en 1986 et 900 en Guyane française en 2015), c’est un peuple qui, à la fin des années 1990, était réputé peu « acculturé », mais subissant toutefois une acculturation par l’intermédiaire des missions pentecôtistes et adventistes.
(***) La diade est un terme utilisé en botanique pour décrire une formation florale spécifique. Elle se compose de deux fleurs distinctes, étroitement associées et fonctionnant généralement ensemble. Ces fleurs peuvent être de même sexe (deux fleurs mâles) ou de sexes opposés (une fleur mâle et une fleur femelle).
