Dokonon (cuisine caribéenne) : Le Dokonon (aussi appelé Doukan Duckunoo ou Duckanoo dans certaines îles de la Caraïbe), est une boulette de patate douce de la Jamaïque, Guadeloupe, Guyane, Antigua-et-Barbuda, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et la Barbade, Suriname.
Parfois fait en pudding, ce dessert est une variante de la ducana qui est un plat originaire d’Afrique. Il est fabriqué avec de la patate douce râpée, farine ou semoule de maïs (par défaut), noix de coco, raisins secs, gingembre, sucre, etc.
L’ensemble est enveloppé dans une feuille de bananier et ensuite cuit dans de l’eau bouillante.
Fabrication des dokonons : Les dokonons sont fabriqués à partir de patates douces râpées, de noix de coco râpée, de sucre, de farine, de lait et/ou d’eau de coco, de raisins secs, de gingembre, de noix de muscade râpée, de sel et d’essence ou d’extrait de vanille.
Le mélange est combiné dans un bol jusqu’à ce qu’il recouvre abondamment le dos d’une cuillère. La méthode de cuisson est assez simple, mais le plus compliqué reste l’emballage. Le mélange peut être cuit enveloppé dans une feuille où d’autres préfèrent le faire cuire enveloppé dans des feuilles de bananier, ou des feuilles de vigne. On emploie aussi des feuilles d’arouman, qui est une plante herbacée néotropicale (*) appartenant à la famille des Marantacées.
De toute façon, les contenus enveloppés doivent être bouillies dans l’eau salée pendant environ 25 minutes ou jusqu’à ce que le mélange dans l’emballage soit ferme.
Après la cuisson, il est souvent servi avec de la morue et ce que les anglophones appellent " chop-up " qui est un mélange haché d’épinards, d’aubergine et de gombo.
Le dokonon est également consommé en fines tranches qui sont légèrement frites.
Histoire du dokonon et ses différents noms : Dokonon est l’appellation guyanaise de ce dessert, toutefois, les noms varient en fonction du lieu par exemple « Ducana » est le nom donné par les habitants de la Barbade et de l’ Antigua-et-Barbuda ainsi que quelques-unes des îles de la Caraïbe.
Les peuples d’Afrique ont amené cette recette en Guyane à Sinnamary à l’est de Cayenne et à Antigua-et-Barbuda, ainsi que dans certaines îles des Caraïbes.
Le dokonon est également préparé par les peuples bushinengés (**) (issus des nègres marrons du Suriname et de Guyane) qui l’appellent « goma » ou « mougha » et y ajoutent du riz pilé et des cacahuètes grillées.
En Guadeloupe, la pâtisserie devient une « doucoune », une sorte de pain de farine de maïs cuit à la vapeur.
En Jamaïque, on parle de dukanoo et au Brésil de « pamonha ».
(*) Néotropical : Qui a trait à la région s’étendant du sud du Mexique jusqu’aux confins de la Terre de Feu, et englobant à l’est la totalité des Antilles et l’extrémité sud de la Floride, et qui est l’une des six régions biogéographiques définies par les biologistes Ronald Good and Armen Takhtajan.
(**) Les Bushinengue (du sranan : Businengre, dérivé néerlandais : Bosnegers, et de l’anglais : Bush Negroes, littéralement « nègres de brousse » en français ou Bushinengués en Guyane, est le nom utilisé localement pour désigner l’ensemble des peuples descendants d’esclaves africains emmenés au Suriname pour travailler dans les plantations. Les Bushinengués sont issus des grands mouvements de marronnage des XVIIe et XVIIIe siècles. Les termes de Marrons ou de Noirs marrons sont utilisés par la littérature scientifique pour parler de toutes les populations issues du marronnage. Le terme Busi konde sama est un terme de nenge tongo parfois utilisé, qui signifie littéralement « les gens ou le peuple des villages de la forêt ».
