Dormir : v.intr. (mot venant du latin dormire).
Le verbe « dormir » a plusieurs acceptions :
1. Être dans un état de sommeil (Être dans les bras de Morphée*).
Dormir dans son lit, sous la tente, à la belle étoile (coucher).
Dormir dans des draps, sous une couette.
« La Belle au bois dormant (qui dort au bois), » conte de l’homme de lettres français Charles Perrault (1628-1703).
Dormir une heure.
Commencer à dormir (s’assoupir, s’endormir).
Aller dormir (se coucher).
Dormir très tard (Faire la grasse matinée**).
Dormir l’après-midi (sieste, somme ; méridienne).
Pièce où l’on dort (chambre -à coucher-), dortoir.
Dormir d’un sommeil léger (sommeiller, somnoler).
Ne dormir que d’un œil, en restant vigilant.
Dormir profondément, d’un profond sommeil.
Familier : écraser (en), pioncer, roupiller.
Locution : Dormir du sommeil du juste, à poings fermés.
Dormir comme un bébé, un loir, une marmotte, un bienheureux, une brute, un sonneur, une souche, très profondément. Dormir en chien de fusil : sur le côté
Locution figurée : Dormir debout : avoir sommeil.
Histoire à dormir debout, extravagante, invraisemblable.
– Citation du dramaturge et comédien français Molière (1622-1673) : « Ce sont là des contes à dormir debout ».
Ne pas dormir de la nuit (Ne pas fermer l’œil -de la nuit-, passer une nuit blanche).
Ça ne m’empêche pas de dormir : je ne m’inquiète pas pour ça.
Vous pouvez dormir tranquille, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles : soyez rassuré.
Proverbes :
– Ne réveillez pas le chat qui dort : Il faut laisser les choses comme elles sont et éviter de ranimer une querelle ou un désagrément qui appartient au passé.
– Qui dort dîne : le sommeil fait oublier la faim.
– La fortune vient en dormant, elle arrive à la personne qui ne fait rien pour l’obtenir.
Verbe transitif (littérature) : Citation de l’écrivain français Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) : « Dormez votre sommeil, riches de la terre, et demeurez dans votre poussière ».
Par extension (choses, lieux) : Être calme, silencieux.
– Citation du poète français Pierre de Ronsard (1524-1585) : « Les vents sont assoupis, les bois dorment sans bruit ».
– Citation de l’écrivain français Théophile Gautier (1811-1872) : « Quelle âme inquiète veillait lorsque tout dormait autour d’elle ? ».
(*) Morphée : Dans la mythologie grecque, Morphée est une divinité mineure des rêves. Morphée est, selon certains théologiens antiques, le fils d’Hypnos (le Sommeil) et de Nyx (la Nuit), et selon d’autres, la principale divinité des mille Oneiroi engendrés par Nyx seule. Il a pour vocation d’endormir les mortels. Morphée est une divinité mineure.
(**) Grasse matinée : L’adjectif gras est issu du latin crassus qui signifie épais. Faire la grasse matinée revient donc à rester longtemps dans l’épaisseur du sommeil.
2. Par analogie poétique : Se dit des morts.
Dormir du dernier sommeil (reposer).
– Citation du poète et écrivain français Alfred de Musset (1810-1857) : « Les morts dorment en paix dans le sein de la terre ».
3. Sens figuré : Être dans l’inactivité.
Dormir sur son travail, le faire lentement, sans courage (traîner).
Ce n’est pas le moment de dormir.
Laisser dormir quelque chose, ne pas s’en occuper (négliger).
Dossier, projet qui dort dans un tiroir.
Capitaux qui dorment, qui ne rapportent pas d’intérêt.
4. Rester sans couler, stagner.
Un fleuve tranquille dont les eaux dorment (dormant).
Proverbe : Il n’est pire eau que l’eau qui dort : il ne faut pas se fier à l’apparence tranquille des gens qui gardent leurs sentiments secrets.
5. Littérature : Rester caché, ne pas se manifester.
Les souvenirs qui dorment au fond de nous.
Contraires de dormir : veiller, (s’) agiter, remuer.