Moine : n.m. (mot venant du bas latin monachus « homme solitaire », grec monakhos « unique », de monos « seul »).
Un moine, ou une moniale est un homme ou une femme lié par des vœux de religion et menant, en solitaire ou en communauté (moinerie), une vie essentiellement spirituelle, dévotionnelle et contemplative (synonymes : ermite, anachorète).
Les moines dans le monde ancien : Les moines sont présents dans les traditions religieuses catholique, orthodoxe, jaïne, bouddhiste, shintoïste, taoïste et hindoue. Les traditions protestantes (luthérienne anglicane ou autres), après avoir rejeté la vie monastique lors de la Réforme, la redécouvrent depuis la seconde moitié du XXe siècle comme dimension essentielle du christianisme.
Avant le christianisme, les moines vivaient dans les monastères ou couvents pour étudier ou créer des principes de vie selon leur communication avec la nature.
En Asie vivaient aussi des moines de shaolin.
Et même en Afrique vivaient des moines qui sont aussi des poètes qui écrivent l’histoire de la communauté noire.
Les moines dans la religion chrétienne : Saint Antoine (v. 251-356) est considéré comme le modèle et le père des moines. Il vit seul, en anachorète ou ermite, dans un désert d’Égypte après avoir entendu les mots de l’Évangile : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » (Mt 19,21).
Des hommes d’abord et principalement, mais aussi quelques femmes, quittent les villes et la société pour se dépouiller et aller vivre dans des lieux désertiques ou des déserts.
Dans la Bible, le désert est le lieu de la confrontation d’avec soi-même, de la mise à nu, de la purificatrice et de la rencontre avec Dieu. Les premiers moines choisissent donc l’abstinence et le renoncement au superflu, puis la mise en commun des biens, à la recherche de l’essentiel, de la vérité, du sens de la vie.
En France, les premiers monastères voient le jour au IVe siècle. En 360, saint Martin fonde l’ermitage de Ligugé (future abbaye) dans le Poitou, puis celui de Marmoutier près de Tours.
Saint Honorat fonde, vers 405, une abbaye aux îles de Lérins.
Dans le monde chrétien, suivant l’enseignement des évangiles et de la tradition des Pères de l’Église, moines et moniales sont des hommes ou des femmes qui se mettent à la suite du Christ (sequela Christi) et prononcent des vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance pour mieux l’imiter.
Pour leur vie de prière et de contemplation, la très grande majorité choisit de rejoindre une communauté religieuse (cénobitisme) et ils vivent dans un monastère ou un couvent généralement éloigné des villes.
Mais ils peuvent préférer vivre seul en ermite (érémitisme) en cellule séparée ou plus loin dans la nature.
Les moines gyrovagues – qui allaient de monastère en monastère – bien qu’ils ne soient plus autorisés par l’Église catholique, existent toujours.
Les moines et les métiers de bouche : Grands gastronomes et surtout grands économes (ils gèrent leur monastère pour vivre en autarcie), les moines sont parmi les meilleurs fromagers du monde.
En Suisse, on n’a pas hésité à donner le nom de tête de moine à un fromage, dont la forme rappelle la tonsure (*) du moine et dont le mode de consommation rappelle aussi le tonsurage.
(*) Tonsure : Petit cercle rasé au sommet de la tête des ecclésiastiques.
Les moines sont depuis longtemps de grands liquoristes. Leurs liqueurs naturelles sont généralement à base d’herbes sauvages et/ou herbes aromatiques, comme, par exemple, la bénédictine ou la chartreuse.
Ils savent aussi brasser la bière comme d’excellents brasseurs surtout dans le Nord de la France et en Belgique, régions riches en houblon (voir Trappiste) et possèdent de puis 1989 leurs propres association et label de fabrication : Monastic.
Et il ne faut pas oublier ici que l’inventeur de la champagnisation du vin est le célèbre moine, Dom Pérignon.
Citation de l’écrivain gastronomique Régis Carisey : « Après avoir fait de la liqueur, les moines la burent ».
