Digne : adj. (mot venant du latin dignus, de decet « il convient » ; décent).
L’adjectif « digne » a plusieurs acceptions :
I) Avec un complément :
1. Qui mérite (quelque chose).
Personne digne d’admiration.
Coupable digne d’un châtiment.
Tout homme digne de ce nom agirait ainsi.
Objet digne d’intérêt, d’attention.
Témoin digne de foi.
– Citation de l’écrivain français Beaumarchais (1832-1899) : « Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ? ».
Ne pas être digne de dénouer les cordons des souliers de quelqu’un.
Il n’est pas digne de votre pardon.
Littérature : Être digne que (valoir -que-).
– Citation de l’écrivain français André Gide (1869-1951) : Je ne suis plus digne que tu m’appelles ».
2. Qui est en accord, en conformité (avec quelqu’un ou quelque chose) (approprié, convenable).
Cette œuvre est digne de son talent (conforme -à-).
Ce comportement n’est pas digne de vous.
– Citation de l’écrivain français Georges Duhamel (1884-1966) : « Créer, en définitive, est la seule joie digne de l’homme ».
Avoir un adversaire digne de soi.
Voilà un garçon qui est bien digne de son père, et par inversion.
C’est le digne fils de son père : il est comme son père (souvent péjoratif).
II) En absolu :
1. Avec le nom (sens vieilli) : Qui mérite l’estime.
Un digne homme : un brave homme (estimable, honnête, méritant).
Il fut le digne représentant de la France (honorable, parfait).
– Citation du dramaturge et poète français Pierre Corneille (1606-1784) : « Jamais plus digne main ne fit plus digne ouvrage ».
2. Qui a de la dignité, a le respect de soi-même, ou affecte de l’avoir dans ses manières (dignité).
ll sut rester digne en cette circonstance, en cette épreuve.
Ironique : Il était très digne dans ce costume.
Avoir un air digne, plein de gravité, de retenue (souvent ironique) (grave, respectable).
Contraires de digne : indigne ; familier.