Rossini (Gioacchino)

Rossini (Gioacchino) : Gioacchino Rossini est un compositeur italien (Pesaro sur la côte adriatique en Italie 1792 – Paris 1868). S’il a marqué l’histoire de l’opéra, sa gourmandise a laissé une empreinte dans celle de la gastronomie.
« Manger et aimer, chanter et digérer : tels sont à vrai dire les quatre actes de cet opéra bouffe qu’on appelle la vie, et qui s’évanouit comme la mousse d’une bouteille de champagne », écrivit-il.
Rossini, homme aux mille facettes, est décrit dans ses nombreuses biographies de façon très diverse : hypocondriaque, colérique ou bien sujet à de profondes dépressions, ou encore joyeux, bon vivant, amoureux de la bonne chère et des belles femmes ; souvent décrit comme paresseux, mais avec une production musicale qui finalement se révèle incomparable (bien que riche de nombreux centoni (la centonisation ou parodie musicale), des fragments musicaux antérieurs réutilisés pour de nouvelles œuvres où le compositeur emprunte à lui-même dans une sorte d’auto-plagiat).
Outre ses opéras, Rossini est un grand amateur de gastronomie fine et de vins rares — sa cave à vin était légendaire. Il avait sa table attitrée à La Tour d’Argent, chez Bofinger et à la Maison dorée, dont le chef, Casimir Moisson, aurait dédié au compositeur une création, le tournedos Rossini. Il est également l’auteur d’un Livre de cuisine.
Il était également doté d’un grand sens de l’humour, n’hésitant pas à brocarder ses contemporains, qu’ils fussent interprètes ou compositeurs. On peut à ce sujet citer l’anecdote suivante : jouant un jour, au piano, une partition de Richard Wagner, Rossini n’en tirait que des sons cacophoniques ; un de ses élèves, s’approchant, lui dit : « Maestro, vous tenez la partition à l’envers ! », ce à quoi Rossini répondit : « J’ai essayé en la mettant dans l’autre sens : c’était pire ! » Une autre anecdote, largement répandue dans les milieux musicaux et devenue légendaire : Rossini avait pris l’habitude de composer dans son lit. Lors de l’écriture d’un Prélude pour piano, il laissa tomber sa partition. Plutôt que de se lever pour la ramasser, il décida d’en recommencer un autre. On raconte que Rossini aurait pleuré trois fois dans sa vie : lors de la chute de son premier opéra, au cours d’une promenade en bateau lorsqu’une dinde truffée tomba malencontreusement à l’eau, et enfin lorsqu’il entendit pour la première fois Niccolò Paganini.
Selon Stendhal, il fut « un homme à envier ». La Vie de Rossini (écrite par Stendhal qui avait quarante ans et le compositeur trente-et-un ans seulement) est devenue très célèbre, même si de nombreux critiques la considèrent comme beaucoup trop romancée : « Il est si difficile d’écrire l’histoire d’un homme vivant ! » — écrit Stendhal dans sa préface — « Avant qu’il se fâche (s’il se fâche), j’ai besoin de lui dire que je le respecte infiniment, et bien autrement, par exemple que tel grand seigneur envié. Le seigneur a gagné un gros lot en argent à la loterie de la nature, lui y a gagné un nom qui ne peut plus périr, du génie et surtout du bonheur. » Selon Balzac, « cette musique donne de l’espérance aux cœurs les plus endormis. »
Le nom de Rossini est donné aux préparations où sont associés foie gras et truffe, généralement saucés de demi-glace. L’appellation concerne surtout le tournedos sauté (dont le compositeur aurait indiqué la recette au chef de la Maison Dorée), mais aussi aux œufs brouillés, mollets ou pochés, à une omelette ainsi qu’une poularde, des suprêmes de volaille, des coquilles Saint-Jacques, des filets de sole, un poulet sauté et même à une sauce pour salade.
De nos jours, on trouve une version du hamburger Rossini à New York.