Costes (Jean-Louis) : Jean-Louis Costes est un restaurateur et homme d’affaires français né en 1950 à Saint-Amans-des-Cots dans le département de l’Aveyron.
Arrivé à Paris avec son frère, Gilbert quand ils sont tous les deux adolescents, il fonde grâce au réseau d’entraide aveyronnais, à une solidarité familiale et à un carnet d’adresses fourni un groupe de restauration, de brasserie et d’hôtellerie de luxe qui a changé les codes de la brasserie et de la restauration parisienne traditionnelle depuis 1974.
Biographie : Jean-Louis Costes est un fils d’agriculteurs aveyronnais qui sont expropriés d’une partie de leurs terres par l’opérateur EDF lors de la construction du barrage sur la Selves au début des années 1960. Une reconversion professionnelle s’impose alors pour le couple. Sa mère transforme sa ferme en auberge, accueille les ouvriers du barrage et trace la voie pour ses deux fils. Jean-Louis Costes monte à Paris à 16 ans avec son frère aîné, Gilbert Costes.
Restaurant La Strasbourgeoise : Jean-Louis Costes entre alors comme garçon de salle au restaurant La Strasbourgeoise en face de la Gare de l’Est. La communauté aveyronnaise lui apporte une aide et un soutien financier qui vont lui permettre de s’installer et de développer ses premières affaires dans la Capitale. Sa première gérance sera le Ronsard au pied de la Butte Montmartre.
Brasseries :
Café Costes : À l’époque, " Il se donne 10 ans" pour acquérir l’expérience nécessaire afin de devenir gérant de restaurant. En 1984, il achète une brasserie parisienne, Place des Innocents dans le Quartier des Halles qu’il transforme en café branché grâce au talent du designer Philippe Starck. Ce sera le Café Costes. Au style belle époque qui prévaut dans bon nombre de brasseries parisiennes, il propose un style épuré, avant-gardiste et très moderne en cohérence avec l’effervescence artistique et immobilière qui règne dans le 1er arrondissement de Paris au début des années 1980.
Jean-Louis Costes en fait un lieu spacieux, raffiné et oxygénant. Il décrit sa brasserie comme un " bâti philosophique, une remise aux normes des cafés parisiens marqués par des décennies de décoration zinc et de volutes de tabac. Il revendra son affaire en septembre 1994 à Gérard Pariente, directeur de l’enseigne de prêt à porter Naf-Naf, installé dans le Sentier tout proche.
Jean Louis Costes comme son frère Gilbert possède ce talent pour détecter le potentiel d’une affaire qu’il s’agisse d’une brasserie, d’un restaurant, d’un hôtel ou d’une boîte de nuit. C’est lui qui suggère à Hubert Boukobza de prendre attache avec les propriétaires des Bains Douches, Jacques Renault et Fabrice Coat qui souhaite céder le fonds de commerce de la célèbre boîte de nuit situé près du Boulevard Sébastopol.
Café Beaubourg : En 1987, Jean Louis Costes rachète avec son frère le Café Beaubourg en face du Centre Georges-Pompidou. L’architecture et le design du restaurant sont confiés à Christian de Portzamparc.
Café Marly, Paris : En 1994, il ouvre le café Marly au 93 rue de Rivoli en face du musée du Louvre avec vue directe sur la Pyramide du Louvre.
Décoré par Jacques Garcia, le style Napoléon III combine des dorures rococo et des velours sombres qui vont remporter un vif succès auprès de la clientèle.
Café Français : En 2010, Jean-Louis Costes, Gilbert Costes et Thierry Costes rachètent le Café Français et le Corso dans le Quartier de la Bastille. En avril 2013, ils inaugurent les deux brasseries qu’ils ont complètement repensées en reprenant les noms respectifs de Café Français et Corso.
Boîte de nuit : Les Bains
Les Bains Douches, 7 rue du Bourg-l’Abbé, 75003 Paris.
En 1991, Jean Louis Costes et Didier Hibert achètent 60 % des Bains Douches aux côtés de Claude Challe et Hubert Boukobza qui en détiennent le solde. Ils revendront leurs actions en 1994 à Philippe Fatien et Michel Schmit en même temps que Claude Challe qui quitte la direction de la boîte de nuit du 7 rue du Bourg-l’Abbé.
Les restaurants :
Le Georges : En 2000, Jean-Louis Costes et son frère s’offrent « un caprice » en ouvrant un restaurant au dernier étage du Centre Georges-Pompidou qu’ils baptisent Le Georges. Ce restaurant avant-gardiste propose une cuisine inventive et offre aux convives un panorama d’exception sur les monuments de Paris.
La Société : En 2009, Jean-Louis Costes achète un restaurant au cœur du Quartier de Saint Germain des Prés, La Société. Restaurant élégant, discret et fréquenté par un cercle d’initiés et d’habitués, La Société est une des vitrines du Groupe Costes par son style décoratif, son ambiance et les mets qui y sont concoctés.
Le Divellec : En octobre 2013, le célèbre restaurant parisien de fruits de mer et de crustacés, Le Divellec, est vendu par son propriétaire Jacques Le Divellec âgé de 81 ans au Groupe Costes.
Les hôtels :
Hôtel Costes : En 1995, Jean Louis Costes et Gilbert Costes achètent les murs d’un hôtel qui fut au XVIIIe siècle un salon littéraire très couru de la capitale. Ils fondent l’hôtel Costes, un hôtel 5 étoiles situé au 239 rue Saint-Honoré à Paris. Ce palace devient le navire amiral du groupe détenu par les deux frères. Jean Louis Costes fait appel au décorateur, Jacques Garcia qui crée une suite de salons au style Second Empire et une cour intérieure qui évoque l’Italie du XVIe et XVIIe siècle. Jean-Louis décline la marque Hôtel Costes en plusieurs lignes de produits différenciés dont une ligne de bougies parfumées avec Olivia Giacobetti. Une ligne de maillots de bain et de lingerie est également lancée en partenariat avec un couturier. Un night-club style oasis est aménagé. Jean-Louis Costes recrute Stéphane Pompougnac pour l’animation musicale de la boîte de nuit. Les mix électro-lounge de Stéphane Pompougnac et la world food de l’Hôtel Costes vont contribuer à la notoriété internationale de l’établissement hôtelier (Voir Musique ci-après).
Jean-Louis Costes attire dans son palace toutes les grandes stars internationales des années 1990, Johnny Depp, Madonna, Sharon Stone, Demi Moore, Kate Moss, Karen Mulder. L’hôtel Costes constitue un lieu privilégié pour accueillir des boutiques de luxe éphémères telle la Maison Valentino en septembre 2017.
K Costes : En 1997-1998, le Consortium de réalisation, structure de défaisance du Crédit lyonnais cède le K Palace situé avenue Kléber à Paris. Hubert Boukobza et Christophe Lambert s’associent pour le racheter en proposant à la banque un prix de 197 millions de francs. Jean-Louis Costes est également sur les rangs en soumettant un prix d’achat à 192 millions de francs. Pour une raison encore inexpliquée, l’acteur français se retire de la négociation. Hubert Boukobza propose un deal avec le restaurateur aveyronnais qui finance le projet à hauteur de 200 millions de francs en laissant 25% des parts à Hubert Boukobza. Le K Palace est rebaptisé K Costes. Le K Costes est un archétype et un modèle du genre en termes de design, de décoration et d’ameublement. En 2011, Jean-Louis Costes revend son hôtel au groupe singapourien, Ascott Limited. Le groupe hôtelier asiatique le renommera Ascott Arc de Triomphe Paris.
Hôtel Le Lotti : En 2011, avec la vente du K Costes, Jean-Louis Costes investit à nouveau dans l’hôtellerie de luxe en acquérant pour 120 millions d’euros, l’Hôtel Le Lotti auprès du groupe NH Hoteles. Le Lotti se situe derrière l’Hôtel Costes, au 7 rue de Castiglione. Le Lotti est situé à l’emplacement de l’ancien Couvent des Jacobins. Jean-Louis Costes fait ainsi l’acquisition d’une pépite de l’hôtellerie de luxe dont les convives sont notoirement connus depuis sa création en 1910. Des personnalités politiques comme Winston Churchill, Robert Kennedy ou Richard Nixon en passant par des artistes tels que Coco Chanel, Jean Cocteau, Hergé jusqu’aux stars internationales de la pop-music ou du cinéma, les Rolling Stones ou Paul Newman ont fréquenté le lieu.
Rénovation de l’hôtel : Pour sa rénovation qui a débuté en 2019 et se termine en octobre 2020, le Lotti a été renommé l’Hôtel Costes Lotti.
Pharaonique, la rénovation a été confiée en 2019 au célèbre architecte d’intérieur Christian Liaigre. Elle doit se terminer en automne 2020.
Site internet officiel des hôtels Costes.
Scission des activités : En 2010, Jean-Louis Costes et Gilbert Costes scindent en toute discrétion leur entreprise en deux activités. Le Groupe Costes, fondé en 1974, passe dans le giron de Jean-Louis Costes, son frère restant actionnaire et co-dirigeant. Le Groupe Costes se spécialise de facto dans l’hôtellerie de luxe. Le Groupe Beaumarly créé par Gilbert Costes et son fils, Thierry se concentre quant à lui dans la restauration de luxe et la brasserie premium. La stratégie du Groupe Beaumarly est depuis fortement orientée sur le développement à l’international.
Franchises : Depuis 2014, Jean-Louis Costes et son frère, Gilbert, exportent leurs concepts de restaurants à l’étranger tels que L’Avenue à New York, le Café Marly à Abou Dabi en 2016.
Musique : Série Hôtel Costes
Entre 1999 et 2007, Jean-Louis Costes va solliciter Stéphane Pompougnac pour concevoir et gérer l’animation musicale de l’Hôtel Costes. S’inspirant de la house music à la fin des années 1980, le disc jockey parisien crée une musique électro-lounge qui devient la signature musicale des hôtels du Groupe Costes. Un coffret musical qui retrace toute la période est commercialisé le 5 novembre 2007.
Le patrimoine Costes : En 2018, Jean-Louis Costes et Gilbert Costes possèdent directement ou en tant qu’associés quelques 45 enseignes de cafés-restaurants dont de nombreux sont stratégiquement situés sur la ligne 1 du métro parisien.
On dénombre notamment, O’Resto, le Murat, les Jardins du Presbourg, le Brassac, la Plage, le Coq, le Paris, le Madrigal, Ginger, le Vint-deux, l’Avenue, le Village, l’Esplanade, le Tourville, le Café français, le Café du Marché, le Café Marly, le Vieux Colombier, la brasserie Thoumieux, le George, le Café Beaubourg, l’Étienne Marcel, le Bioboa, le Sanséveria, le Café Ruc, MK2 Café, Café de la Musique, Germain, Café Baci, le Matignon, Club Paradisio, les Caves Saint Gilles, le Petit Marché, Plein Soleil, le Trésor, Chez Janou, l’Iguana Café, Le Sanz Sans, l’hôtel Bourg Tibourg, Hôtel Amour.