Ayahuasca (boisson amazonienne) : L’Ayahuasca (orthographié aussi yahuasca) est un breuvage hallucinogène à base d’écorces de lianes de l’espèce botanique Banisteriopsis caapi, consommé traditionnellement par les chamanes (*) des tribus indiennes d’Amazonie.
L’activité de l’esprit ou cerveau chamanique est stimulée par un breuvage comme l’ayahuasca en Amazonie ou le peyotl (**), petit cactus hallucinogène au Mexique, par le tambour monotone, le chant réitératif, et elle se manifeste dans et par l’état de transe.
Description : L’ayahuasca (ou yagé), est une préparation hallucinogène originaire d’Amérique du Sud. C’est une décoction à base de lianes traditionnellement consommée par un grand nombre de cultures indigènes de l’Amazonie, qui la sacralisent et lui allèguent une capacité curative, purificatrice et magique, l’ayahuasca se présente sous la forme d’un breuvage épais à la saveur âpre. En raison d’une composition chimique complexe marquée par la présence d’un puissant psychotrope naturel, la DMT, l’ayahuasca a pour propriété principale de plonger ses utilisateurs dans un état de conscience et de perception plus ou moins fortement modifié. Le plus souvent, celui-ci se caractérise par d’intenses hallucinations sensorielles et visuelles, elles-mêmes fréquemment accompagnées de nausées et de vomissements dus à la nature astringente et émétique du mélange. Dans le cadre d’un usage traditionnel de la substance, ces visions sont considérées comme un voile qu’un chaman s’attachera à lever par divers biais, lors de cérémonies dont le rituel varie en fonction des pratiques et croyances des différentes tribus du bassin amazonien.
Par extension, ayahuasca est le nom donné aux lianes du genre Banisteriopsis dont l’écorce sert principalement à la composition de cette boisson.
(*) Chaman (ou shaman) : Dans certaines civilisations, un chaman est un être capable d’interpréter les signes et de communiquer avec les esprits au nom de sa communauté.
(**) Peyotl : Plante du Mexique (famille des Cactacées), dont on extrait un hallucinogène puissant, la mescaline.
Citation de l’écrivain chilien Luis Sepúlveda (1949-2020) : « À la fin de la fête, il but pour la première fois de la natema, la douce liqueur hallucinogène préparée en faisant bouillir les racine de la yahuasca, et, dans le rêve qui suivit, il se vit lui-même comme une partie inséparable de ces espaces en perpétuelle mutation, comme un poil supplémentaire sur ce corps vert infini, pendant et sentant comme un Shuar, puis revêtant les parures d’un chasseur expérimenté et suivant les traces d’un animal inexplicable, sans forme ni épaisseur, sans odeurs et sans bruits, mais doté de deux yeux jaunes brillants.» dans Le Vieux qui lisait des romans d’amour (1988).
À propos du nom de la boisson ayahuasca : Le terme ayahuasca vient du quechua et est formé de l’agglutination de aya et huaska. Il est traduit ordinairement par liane des esprits, liane des morts ou liane des âmes (aya : mort, défunt, et par extension âme, esprit ; huasca : corde, et par extension liane, d’après le médecin équatorien Plutarco Naranjo, 19831). Aya ne signifie pas l’âme de la personne morte, mais plutôt le cadavre, ce qui implique qu’ayahuasca devrait en tout état de choses se traduire par « corde des cadavres ».
D’après Gerald Taylor, linguiste et spécialiste de la langue quechua, le nom le plus probable de cette liane serait plutôt ayaqhuaska, ce qui signifie « liane amère ».
Le breuvage, en lui-même, est connu sous différents noms en fonction des régions et des groupes ethniques : ayahuasca, ayawaska, yajé (Tucano), jagé, caapi (langues tupi), natema (Shuar), natem (Jivaro), purga, pinde, Santo Daime.
