Chardon : « Chardon » est un terme générique qui désigne de nombreuses espèces de plantes épineuses appartenant principalement à la famille des Astéracées (ex Composées), notamment les genres Carduus (les chardons proprement dits), Cynara (les artichauts) et Cirsium (les cirses). Certains appartiennent à la famille des Apiacées (ex Ombellifères) comme le chardon-Roland, ou panicaut, et le chardon bleu des Alpes. Ce sont souvent des adventices, ou appelés familièrement « mauvaises herbes », mais certaines peuvent avoir un intérêt, notamment ornemental.
Originaire du bassin méditerranéen, l’espèce C. cardunculus aurait été apportée en Égypte il y a 2 000 ans ou 2 500 ans, pour se diffuser ensuite vers l’Ouest. On a longtemps consommé les feuilles et les fleurs du chardon. Les Grecs et les Romains attribuaient aux chardons de nombreuses propriétés médicinales et les tenaient en très haute estime, n’hésitant pas à payer de fortes sommes pour se les procurer.
Ils ont en commun d’être, généralement, des plantes de terrains arides, de porter des feuilles piquantes ou des épines, et d’avoir des fleurs réunies en inflorescences formant des têtes denses et serrées, capitules ou ombelles.
« Chardon » a la même origine étymologique que « cardon », variété d’artichaut dont on consomme les côtes. Il ne faut pas confondre avec la bardane qui a les mêmes fleurs.
Certaines espèces de chardons sont protégées ou cultivées dans un but décoratif. Il en existe de comestibles, comme le chardon des montagnes, comme le chardon bleu des Alpes (Eryngium alpinum L)
Le chardon commun (Carduus vulgaris) avait trouvé une utilisation alimentaire au XIXe siècle : sa racine était mangée crue ou bouillie et accommodée avec du lait. Un expérimentateur en avait fait l’expérience : « elle est très bonne au goût et se digère facilement, j’en ai fait moi-même l’expérience de toutes les manières ».
Sur l’île de Minorque, à l’est de l’Espagne, le lait de vache est caillé avec des pistils de chardon, et le caillage sépare alors la pâte de fromage du petit-lait. On fabrique ensuite le fromage Mahon.
L’oiseau s’en nourrit également : le chardonneret notamment se nourrit des graines du chardon, d’où il tire son nom.
De nos jours, les Maoris (*) de Nouvelle-Zélande cuisent traditionnellement les chardons à la vapeur dans un four en terre cuite et en les accompagnant de champignons noirs et de pommes de terre.
(*) Maoris : Les Maoris de Nouvelle-Zélande sont des populations polynésiennes autochtones de Nouvelle-Zélande. Ils s’y seraient installés par vagues successives à partir du VIIIᵉ siècle.
