Locavorisme : Le locavorisme ou mouvement locavore est un mouvement prônant la consommation de nourriture produite dans un rayon allant de 100 à 250 kilomètres maximum autour de son domicile. On nomme locavore une personne qui adhère au locavorisme.
Présentation : Le mouvement locavore encourage les « consommateurs » à acheter des produits frais et de saison, à acheter au marché, aux agriculteurs ou paysans locaux (dans les AMAP, les Points de vente collectifs ou les cueillettes à la ferme par exemple), à choisir leurs propres aliments, en faisant valoir la qualité du produit frais, des produits locaux, dont le goût serait meilleur que les produits industriels.
Ce mouvement se veut un acte respectueux de l’environnement par le maintien de la diversité des paysages, des écosystèmes en évitant les monocultures (en effet, il sera par exemple difficile de se fournir en viande, légumes et fruits au milieu de régions à monocultures céréalières). Également, l’expédition alimentaire sur de longues distances exige souvent plus d’énergie fossile sous forme de :
– produits phytosanitaires ou pesticides accompagnant les modes de culture conventionnelles employant des végétaux « modernes » ayant une fructification à « transportabilité » élevée (fermeté du fruit) ;
– carburant pour le transport ;
– plastiques et polystyrènes pour le suremballage ;
– industrie de production ferroviaire, navale, routière.
Cependant, l’ADEME estime que : « en termes d’impact sur l’environnement, la diversité des circuits courts ne permet pas d’affirmer qu’ils présentent systématiquement un meilleur bilan environnemental que les circuits « longs », notamment en matière de consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre. En effet, les modes et pratiques de production sont beaucoup plus déterminants en matière de bilan environnemental que le mode de distribution, notamment pour les fruits et légumes (culture de produits de saison) ». Les émissions par kilomètre parcouru et par tonne transportée sont environ 10 fois plus faibles pour un poids lourd de 32 tonnes et 100 fois plus faibles pour un cargo transocéanique que pour une camionnette de moins de 3,5 tonnes : ils permettent de parcourir de plus grandes distances avec un impact gaz à effet de serre équivalent.
Ce mouvement se veut également un acte de stabilité sociale par le maintien harmonieux des populations sur les territoires.
Le 7 juin 2012, France 5 a diffusé une émission de télé-réalité où les participants apprenaient à devenir locavores pendant 30 jours.
Historique : Le terme « locavore » a été inventé par Jessica Prentice de San Francisco en 2005 à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, qui a proposé aux résidents locaux d’essayer de manger seulement les aliments cultivés ou produits à l’intérieur d’un rayon de 160 kilomètres.
Le New Oxford American Dictionary a défini un « locavore » comme étant une personne qui recherche des produits alimentaires locaux. « Locavore » fut le mot de l’année 2007.
La première expérience de locavore en France date de 2008. Pendant un an, Stéphane Linou, un habitant de Castelnaudary, s’est alimenté avec des produits issus d’un rayon de 150 km autour de chez lui. Il se revendique donc comme le premier locavore français.
Le terme « locavore » est entré dans l’édition 2010 du Larousse. En 2014, un sondage mené par l’institut Ipsos indiquait que « 80 % des consommateurs en France disent acheter des produits locaux ». Une attitude qui pourrait s’expliquer entre autres par des scandales dans l’industrie agroalimentaire et le désir de connaître l’origine des produits. Trois ans plus tard, le journal télévisé de France 2 estimait que ce mode de consommation prenait de l’ampleur en France.
Critiques : Le mouvement locavore ne fait pas l’unanimité et certaines personnes le dénoncent comme étant une « idiotie anti-mondialisation ». Ils mettent en avant le fait que l’agriculture industrielle actuelle se prête peu à la consommation locale et que la distribution alimentaire à grande échelle est moins polluante que de multiples systèmes de distribution locale.
Selon la revue Sciences humaines, sans nier le fait que le système alimentaire mondial n’est pas soutenable, il ne faudrait pas pour autant verser dans un locavorisme par trop radical, qui s’avérerait contre-productif aussi bien sur le plan de la qualité alimentaire que sur celui de l’empreinte écologique. Il ne s’agit pas de prendre en compte uniquement les kilomètres parcourus par les aliments, mais aussi l’empreinte environnementale de l’agriculture, pour procéder in fine à un bilan global, quitte à acheminer les aliments par rail, et non par la route.
Le brillant chef cuisinier René Redzepi dans son restaurant Noma à Copenhague applique les fondements de ce mouvement.
Site internet des locavores