Abricotier du Japon : L’abricotier du Japon est un arbuste à fruits à noyau du genre Prunus. Nom botanique : Prunus mume (Sieb.) Sieb. et Zucc. – famille des Rosacées. Il appartient avec l’abricotier P. armeniaca et tous les autres abricotiers du monde, au sous-genre Prunus section Armeniaca du genre Prunus.
Autres noms de l’abricotier du Japon : mume, ume ou umé
Son aire d’origine se situe dans les régions centrales du sud de la Chine (Sichuan et Yunnan) et sa culture s’est répandue dans tout l’Extrême-Orient. Il est profondément associé à l’art et la littérature des grandes civilisations de ces régions.
Terminologie : Armeniaca mume (Siebold) est le basionyme (*) de cet arbre et Prunus mume var. tonsa Rehder un synonyme au rang variétal.
(*) Basionyme : nom du taxon avec, généralement entre-parenthèses, le nom de l’auteur.
En chinois moderne, le nom vernaculaire de l’espèce Prunus mume est méi 梅, l’arbre lui-même méishù 梅树, son fruit méizi 梅子 ou méiguo 核果, ses fleurs méihuā 梅花 et par métaphore l’arbre ornemental.
L’espèce a été introduite au Japon avec le bouddhisme au VIIe – VIIIe siècle. La prononciation de la graphie 梅 au Japon et en Corée dérive de celle du chinois médiéval (dynastie Tang) reconstruite comme muəi. La prononciation de l’époque de Nara aurait été unme (んめ), et écrite mume (むめ). La prononciation ancienne mume est tombée en désuétude au Japon et a été fixée en ume (うめ). En coréen, la prononciation est maesil (hangul : 매실 ; hanja : 梅實)
Les premières descriptions par des naturalistes européens ont été faites au Japon au XIXe siècle. Des spécimens furent bien récoltés en Chine par Clark Abel, le médecin qui accompagnait l’ambassade de Lord Amherst en 1816 dans ce pays mais la première description botanique publiée date de 1830 et est l’œuvre du médecin et naturaliste bavarois Siebold, le premier Européen à avoir enseigné la médecine au Japon. Il envoya ensuite en 1844 des plants vivants en Europe sous le nom de mume.
Une certaine confusion règne dans la désignation par les langues européennes de Prunus mume. Pendant longtemps, la représentation de ses fleurs (meihua 梅花) en peinture traditionnelle ou sur porcelaine, a été désignée comme des « fleurs de pruniers » (en anglais : plum blossom ou flowering plum). Les auteurs de la fin du XXe siècle, plus prudents, mais très vagues, parlaient de « prunus en fleurs ». Dans le contexte culturel chinois, il semble en effet bien difficile de parler de l’« abricotier du Japon » pour un arbre typiquement chinois et le terme plus général d’« abricotier » ne convient pas non plus puisqu’il désigne une autre espèce indigène de Chine, Prunus armeniaca qui est l’abricotier bien connu en Europe ; quant à celui d’« abricotier de Chine » (adopté par Needham, Lu & Huang), il n’est guère plus satisfaisant puisqu’il existe plusieurs abricotiers indigènes dans ce pays. Le chinois possède des noms vernaculaires monosyllabiques pour désigner ces espèces indigènes : mei 梅 pour Prunus mume et xing 杏 pour Prunus armeniaca et lǐ 李 pour Prunus salicina. En revanche lorsque Prunus mume est cultivé comme arbre ornemental en occident, il est désigné comme « abricotier du Japon ».
Description de l’abricotier du Japon : Prunus mume est un arbre à cime arrondie de 4 à 6 mètres de haut, à écorce d’un gris plus ou moins verdâtre.
Ses feuilles alternes, caduques, au limbe elliptique, oboval longuement acuminé, aux bords finement dentés, font de cinq à huit centimètres de long. Elles apparaissent peu de temps après la chute des pétales. Le pétiole de 1 à 2 cm de long porte en général des nectaires.
Les fleurs à corolle blanche ou rose, formées normalement de cinq pétales, et aux nombreuses étamines, éclosent tôt au printemps, en mars-avril, parfois dès janvier. Les fleurs sont solitaires ou par deux et sont portées par un pédicelle court (1-10 mm). Il existe des variétés à fleurs doubles recherchées pour leur aspect ornemental. Les fleurs exhalent un parfum pénétrant.
Les fruits sont des drupes globuleuses de petite taille (de 2 à 3 cm de diamètre) à noyau adhérent. Ils sont marqués, comme les abricots, d’un sillon allant du pédoncule à la pointe. Ils arrivent à maturité entre fin mai et fin juillet. Ils gardent une couleur verdâtre panachée de jaune, et sont assez acides et très peu sucrés, mais exhalent un parfum agréable.
Aspects culturels :
– En Chine : Une production de fleurs abondante, roses ou blanches, à la fin de l’hiver au début du printemps, exhalant un parfum délicieux, sur des branches apparemment mortes et à une époque où au nord la neige est encore présente, contribue à faire partager à cet arbuste les vertus symboliques du héros confucéen, entièrement dévoué aux principes éthiques et faisant face aux adversités avec persévérance. Sa floraison splendide mais éphémère l’a fait aussi associer avec la beauté, la pureté et les côtés transitoires de la vie.
Avec le pin et le bambou, Prunus mume fait partie des Trois Amis de l’Hiver. Une association courante dans l’art et la littérature est celle de « l’orchidée au printemps, du lotus et de l’été, du chrysanthème et de l’automne et du mume et de l’hiver ».
Prunus mume est réputé pouvoir vivre très longtemps. De vénérables spécimens multiséculaires sont précieusement conservés dans les jardins et les cours des temples. À Wuhan, dans le parc de Gumeiyuan (古梅园) on peut encore admirer la floraison d’un spécimen de 800 ans d’âge.
– Au Japon, il existe une tradition de hanami (littéralement « regarder les fleurs ») concernant l’umé, précédant celui des cerisiers du Japon. Si les cerisiers du Japon sont plus populaires pour le hanami, particulièrement chez les jeunes, les personnes plus âgées préfèrent l’atmosphère du hanami de l’umé.
Symbole de longévité, ce petit arbre aux fleurs blanches ou roses ravit les Nippons, qui ont pris l’habitude de l’offrir pour le nouvel an.
Dans le jeu de cartes traditionnel japonais hanafuda, des fleurs et branches de l’abricotier du Japon sont représentées sur la série des quatre cartes du mois de février.
Il ne doit pas être confondu avec Prunus salicina, ou Prunier du Japon, poussant aussi au Japon, en Corée et en Chine.
Emplois alimentaires de l’abricotier du Japon :
– En Chine, le Suanmeitang (酸梅汤) préparé en faisant macérer les fruits dans de l’eau et en ajoutant de l’osmanthe, qui est un petit arbuste aux fleurs odorantes (Nom botanique: Osmanthus heterophyllus) et du sucre cristallisé est une boisson diététique et rafraîchissante largement répandue, qu’on trouve couramment dans le commerce au rayon des sodas et jus de fruits.
– Au Japon, ses fruits, appelés umé-no-mi, servent à la fabrication des umebochi, des « prunes macérées dans le sel » (« pickled plums » en anglais) aromatisées avec du shiso rouge, que l’on peut trouver en Europe dans les magasins diététiques.
L’extrait d’umé est l’arôme standard de sirops (comme la grenadine ou l’orgeat), mais aussi de la plupart des bonbons, chewing-gums, et de toute une gamme de boissons rafraîchissantes.
Le sirop d’umé, extrait en laissant les fruits dégorger quelques semaines dans du sucre, sert de base à une boisson non alcoolisée de saveur aigre-douce, très appréciée en été. Allongé d’eau ou de soda, c’est l’ume-jūsu du Japon que même les lycéens fabriquent avant les vacances d’été. En Corée, on en trouve aussi sous le nom de jus de maesil qui, commercialisé comme boisson de santé, jouit d’une popularité croissante. De nombreuses variantes existent, avec addition ou non de vinaigre d’ume.
L’umeshu (littéralement « vin de prune ») est une boisson alcoolisée produite en Corée et au Japon, douce et sucrée, faite en macérant les ume dans de l’eau de vie ou shōchū. Sa saveur aigre-douce est combinée à l’arôme de l’umeshu (Japon). Une liqueur semblable est fabriquée en Corée, le maesilju, et est vendue sous les noms de mae hwa su et mae chui soon.
Il existe aussi un vinaigre japonais d’ume (umezu ou umesu).