Le cheval franc-comtois, un carpaccio de luxe pour les Japonais : L’appétence des consommateurs nippons pour la viande des chevaux de trait contribue à la pérennité de cette race locale, selon les éleveurs de Franche-Comté.
Les Japonais raffolent des basashis (mot qui signifie viande crue de cheval), un équivalent du carpaccio où la viande de bœuf est remplacée par de la viande de cheval. Les morceaux doivent être persillés et présenter une forte présence de gras entre les muscles : des exigences remplies par le cheval comtois. Un partenariat commercial a été passé entre des éleveurs locaux et des fermiers japonais. Plusieurs avions-cargos quittent chaque année le territoire national pour transporter plusieurs centaines de chevaux de trait, vivants et âgés de moins deux ans.
« Une fois sur place, les animaux sont engraissés encore un an, selon des techniques spécifiques. Ils sont abattus dans des abattoirs dédiés, en petites quantités et dans le respect des traditions », confiait début octobre 2024 Marie Fouquier, directrice d’Equid’Export, au quotidien franc-comtois L’Est Républicain.
Des méthodes particulières qui permettent d’obtenir une viande d’une grande qualité, comme le bœuf de Kobe. Cette chair d’exception est ensuite vendue plus de 220 euros le kilo avant d’être dégustée crue.
Polémique : Ce nouveau commerce de chevaux entre la France et le Japon fait l’objet de vives polémiques.
En 2023, Brigitte Bardot avait interpellé le président de la République Emmanuel Macron dans une lettre ouverte à ce sujet : « Vous avez accepté le sacrilège rentable de créer un nouveau marché avec le Japon en envoyant 1000 chevaux par an, par avion et vivants, dans d’atroces conditions pour en faire des sushis », écrivait l’ancienne actrice (née le 28 septembre 1934).
En Franche-Comté, les éleveurs assurent que ces échanges internationaux permettent d’assurer « la pérennité d’une race longtemps menacée ».
