Comprendre : v.tr. (mot venant du latin comprendere « saisir ensemble » et « concevoir », famille de prendere : prendre).
Le verbe « comprendre » a nombreuses acceptions :
I) Sujet chose : Embrasser dans un ensemble :
1. Contenir en soi (comporter, compter, englober ; embrasser, impliquer, inclure, renfermer).
La péninsule Ibérique comprend l’Espagne et le Portugal.
Le concours comprendra trois épreuves.
Le jeu comprend un filet, des balles et des raquettes (se composer –de-).
2. Faire entrer dans un tout, une catégorie (compter, englober, inclure, incorporer, intégrer ; compris).
Le loyer ne comprend pas les charges.
II) Sujet personne : Appréhender par la connaissance.
1. Être capable de faire correspondre à (quelque chose) une idée claire.
– Citation du philosophe et moraliste français Blaise Pascal (1623-1662) : « Par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit ; par la pensée, je le comprends ».
Chose facile, difficile à comprendre (compréhensible).
Chercher à comprendre quelque chose.
Tout comprendre.
Ne rien comprendre (familier : capter, percuter, piger).
Locution : Il ne comprend rien à rien.
Sans complément : Citation de l’écrivain français Paul Valéry (1871-1945) : « Ceux qui comprennent ne comprennent pas que l’on ne comprenne pas ».
2. Percevoir le sens de (un message, un système de signes) (déchiffrer, décoder, entendre, interpréter, saisir, traduire ; familier : baiser, biter, entraver, piger).
Faire comprendre (apprendre, montrer ; démontrer, prouver).
Comprendre de travers.
Comprendre l’énoncé d’un problème.
Comprendre un discours, un texte.
Lire et comprendre ce qui est écrit (lecture).
Locution : Comprenne qui pourra.
Comprendre une explication (suivre), un mode d’emploi.
Comprendre une allusion (Je vous reçois cinq sur cinq), un jeu de mots.
Comprendre à demi-mot (demi-mot).
Comprendre quelque chose à… : comprendre un peu ; en partie.
Il n’y comprend rien.
Familier : Il n’a rien compris au film.
Comprendre un mot, connaître son sens.
Comprendre un mot de telle façon, l’interpréter.
Comprendre une langue étrangère.
– Citation du dramaturge et comédien français Molière (1622-1673) : « Je ne puis rien comprendre à ce baragouin ».
Comprendre quelqu’un, ce qu’il dit, écrit.
Me suis-je bien fait comprendre ? : est-ce clair ?
Comprendre un code, un schéma, une carte, savoir les lire, les déchiffrer.
Arts : Savoir apprécier. Comprendre la musique moderne, la peinture abstraite.
Percevoir nettement un message parlé pour accéder au sens.
Il prononce mal, il y a du bruit, je ne comprends rien.
3. Se faire une idée claire des causes, des motifs de l’enchaînement logique de (quelque chose) (apercevoir, pénétrer, saisir, sentir, voir).
Comprendre la réaction de quelqu’un.
Je comprends sa colère.
C’est une attitude que je comprends, que j’admets.
Comprendre, savoir de quoi il retourne (J’entends bien).
Comprendre pourquoi, comment.
Je ne comprends pas comment ça marche.
Comprendre que (et subjonctif).
Je comprends qu’il soit mécontent.
Je ne comprends pas qu’il puisse s’ennuyer ( concevoir).
Emphatique : Je ne comprends pas comment il a pu…, c’est inimaginable, révoltant.
Au conditionnel : Si on l’avait contraint à…, je comprendrais, j’accepterais son attitude.
Avec une valeur d’incitation à faire ou ne pas faire : C’est dangereux, tu comprends ?
Jamais plus, c’est compris ?
Elle a fini par comprendre, par céder.
Comprendre quelqu’un.
Je le comprends : je comprends son attitude, ses réactions, etc.
Allusion historique : « Je vous ai compris », propos tenu par le général Charles de Gaulle (1890-1970).
4. Se rendre compte de (quelque chose) (s’apercevoir, sentir, voir).
Comprendre la portée d’un acte ; je comprends quelles difficultés il a pu rencontrer.
Ah ! Je comprends ! (J’y suis, je vois !).
Comprendre pourquoi, comment (et l’indicatif).
Comprendre que (et l’indicatif).
Je compris qu’il s’ennuyait en ma présence.
– Citation de l’écrivain français Roger Caillois (1913-1978) : « Je n’approuve pas, mais je comprends du moins qu’étant homme on s’insurge soudain contre l’humanité ».
Familier : J’ai compris ma douleur.
5. Sens fort : Avoir une connaissance intuitive, une compréhension de (quelque chose ou quelqu’un) (accepter, connaître).
Comprendre la nature, l’art.
– Citation du peintre français Fernand Léger (1881-1955) : « Il s’agit avant tout d’aimer l’art et non de le comprendre ».
Comprendre la plaisanterie, l’admettre sans se vexer. Comprendre le caractère de quelqu’un.
Il ne comprend pas les enfants.
Personne ne me comprend (incompris).
Absolu : Citation de l’écrivain français Georges Bernanos (1888-1948) : « Comprendre c’est déjà aimer ».
– Citation de l’écrivain français Romain Gary (1914-1980) : « Pleurer, cela veut dire qu’on a compris ».
6. Verbe pronominal : se comprendre.
Verbe réfléchi : Je me comprends : je sais ce que je veux dire.
– Citation de l’écrivain, dramaturge et scénariste français Philippe Besson (né en 1967) : « “Qu’est-ce que tu entends par là ?” demandai-je. Il dit qu’il se comprenait ».
Passif : Cela (ça) se comprend : c’est évident.
Réciproque : Ils sont faits pour se comprendre (s’accorder, s’entendre).
Ils ne se sont jamais compris.
Contraires de comprendre : excepter, exclure, omettre, échapper, ignorer, méconnaître.