Emporter : v.tr. (mot venant du latin inde « de là, de ce lieu » et porter).
Le verbe « emporter » a de nombreuses acceptions :
I) Verbe transitif :
1. Prendre avec soi et porter hors d’un lieu (un objet, un être inerte, incapable de se mouvoir).
Les secouristes emportent les blessés (emmener).
Partir sans rien emporter.
Emportez votre veste ! (prendre).
Les voleurs ont tout emporté (familier : embarquer, rafler).
Locution : Vous ne l’emporterez pas au (en) paradis : vous ne jouirez pas longtemps du bien, du succès actuel ; je me vengerai tôt ou tard.
Que le diable l’emporte, m’emporte !
Plat à emporter (opposé à à consommer sur place).
Sur place ou à emporter ?
Vente à emporter (En Suisse : à l’emporter) (opposé à à livrer).
Complément chose abstraite : Il a emporté son secret dans la tombe.
– Citation de l’écrivain français Alphonse Daudet (1840-1897) : « Pour emporter dans mes yeux l’image de ces lieux ».
2. Enlever avec rapidité, violence (arracher, balayer).
– Citation de l’écrivain français Pierre Loti (1850-1923) : « Une bourrasque d’ouest avait emporté plusieurs marins et deux navires ».
Le torrent emporte tout sur son passage.
Autant en emporte le vent.
Un obus lui emporta la jambe.
Le cancer l’a emporté (tuer).
Emporté à la fleur de l’âge.
– Citation de l’écrivain français Émile Zola (1840-1902) : « Elle peut être emportée d’une minute à l’autre. Je crains une hémorragie ».
Sens figuré : Emporter la bouche (familier : la gueule) : causer une sensation de brûlure (en parlant d’un mets épicé).
Locution figurée (Sens vieilli) : Emporter la pièce, le morceau (proprement une pièce qu’on enlève avec l’emporte-pièce) : faire mal par ses railleries, être extrêmement acerbe.
Sens moderne : Emporter le morceau : réussir, avoir gain de cause.
3. Par extension : S’emparer de (quelque chose) par la force (conquérir, enlever).
Emporter d’assaut une position.
Emporter une tranchée à la baïonnette.
Sens figuré : Emporter quelque chose de haute lutte.
Sens vieilli : Remporter (l’avantage, le prix).
4. Entraîner avec force, rapidité.
– Citation de l’écrivain français Théophile Gautier (1811-1872) : « Vous êtes emporté comme dans un tourbillon ».
– Citation de l’écrivain français Henry de Montherlant (1895-1972) : « Le train qui m’emportait vers le front » (conduire, emmener, transporter).
Se laisser emporter par l’imagination, l’émotion.
Se laisser emporter par la colère, une fureur aveugle.
Emporter la conviction, l’obtenir par son action.
– Citation de l’écrivain français Pascal Quignard (né en 1948) : « Son avis ne fut pas suivi des effets qu’il escomptait. Il n’emporta pas la conviction de ses concitoyens ».
5. Sens vieilli : Entraîner comme conséquence (comporter).
– Citation de l’écrivain français Paul Valéry (1871-1945) : « Tout ce qu’emporte de risques la précipitation dans le travail ».
6. L’emporter : avoir le dessus, se montrer supérieur (gagner, triompher, vaincre).
Notre équipe l’a emporté par trois buts à un (s’imposer).
Sujet chose : Être supérieur, plus fort (prédominer, primer).
– Citation de l’écrivain français Paul Valéry (1871-1945) : « Je ne trouve rien qui l’emporte en volupté sur les premiers sentiments » (surpasser).
L’amour l’emporta sur l’amitié dans son cœur (prévaloir, triompher).
Le bon sens l’a emporté.
II) Verbe pronominal : S’emporter : Se laisser aller à des mouvements de colère, à des actes de violence (éclater, fulminer ; monter sur ses grands chevaux, monter dans les tours).
– Citation de l’écrivain français François-René de Chateaubriand (1768-1848) : « Napoléon s’emporta : Chateaubriand croit-il que je suis un imbécile ? ».
S’emporter contre quelqu’un.
Contraires d’emporter : apporter, rapporter ; laisser ; arrêter.