
Citron de Menton : Le citron de Menton est un agrume, fruit du citronnier (famille des Rutacées – Nom botanique : Citrus limon) cultivé dans la région de… Menton, ville de la Côte d’Azur dans le département des Alpes Maritimes.
Ce citron est produit par un arbuste de 5 à 10 mètres de haut, à feuilles persistantes. Le citron de Menton a la pulpe acide et juteuse. Il est protégée par une écorce jaune, parfumée, plus ou moins épaisse qui va du vert tendre au jaune éclatant sous l’action du froid.
Histoire du citron de Menton : On cultive le citron de Menton depuis le 15ème siècle. L’apogée de sa culture arrive au 18ème siècle. À une époque où chaque région est reconnue pour sa spécialité, le citron de Menton est en plein essor. Bientôt des millions de citrons quitteront la ville pour voyager jusqu’en Russie ou aux États-Unis d’Amérique. Ces citrons sauveront de nombreux marins du scorbut, qui sévit alors sur les navires. Dans les années 1800, on compte 80 000 citronniers sur les flancs de la cité. Le déclin s’amorce dès la fin du 19ème siècle avec l’absence de port. Le gel de 1956 et l’activité touristique croissante sonneront le glas de cette activité agricole.
(*) Scorbut : Le scorbut est une maladie due à une carence en vitamine C (acide ascorbique) qui se traduit chez l’être humain, dans sa forme grave, par un déchaussement des dents et la purulence des gencives, des hémorragies, puis la mort.
Aujourd’hui, le citron de Menton est d’autant plus noble qu’il est rare. Dans la ville des jardins, on compte le nombre d’agrumiculteurs sur les doigts d’une main. Toutefois des opérations de promotion de replantation, pour les particuliers et les professionnels, sont régulièrement menées depuis les années 80, par les pouvoirs locaux, pour relancer cette culture identitaire. Avec un milieu naturel montagneux, Menton ne permet pas d’industrialiser la culture sur un mode intensif. La taille des parcelles et leur accès particulièrement difficile empêchent toute mécanisation. L’homme y perpétue encore la tradition à la force de ses bras, sur des restanques (*), avec de faibles quantités produites. Le citron de Menton n’a d’autre choix que d’être authentique. La qualité n’en est que meilleure.
(*) « Restanque » est la francisation du provençal restanco, terme employé en basse Provence et désignant au sens propre un mur de retenue en pierres sèches, parementé sur les deux côtés, barrant le lit d’un torrent intermittent pour provoquer un atterrissement en amont et créer ainsi une terrasse de culture.
Dix ans après la création de l’APCM (Association pour la Promotion du Citron de Menton) pour obtenir la reconnaissance du Citron de Menton, le célèbre fruit d’or emblème de Menton vient de bénéficier d’une Indication Géographique Protégée (IGP), attribuée par l’Union européenne. Le résultat d’un long travail qui ouvre de belles perspectives économiques.
Au début des années 2000, la nouvelle Communauté d’Agglomération de la Riviera Française (CARF), alors présidée par le Maire de Menton, décide de relancer la production du « Citron de Menton ». Dans la ville des agrumes, bien sûr, mais aussi dans les communes du pays mentonnais (Roquebrune-Cap Martin, Castellar, Gorbio, Sainte-Agnès). L’idée est alors simple, du moins sur le papier : défendre l’agriculture identitaire locale, organiser la production, et promouvoir l’agrume par une Indication Géographique Protégée (IGP, sur le principe d’autres produits célèbres du terroir Français comme le piment d’Espelette). Sous l’égide de la CARF et de Menton Initiative Riviera (ex-ADERF, l’association du développement économique), une association est créée. Condition sine qua non pour solliciter une IGP. L’Association pour la Promotion du Citron de Menton (APCM) naît ainsi en 2004.
Dix ans plus tard environ, au prix de nombreux efforts pour rédiger le dossier de candidature et sans nier « les moments de découragement » de l’aveu même de son président Bernard Franco, l’APCM s’est enfin vu notifier par l’Union européenne le précieux arrêté qui délivre l’IGP au Citron de Menton. Une excellente nouvelle attendue depuis six mois, après un premier succès au printemps et l’acceptation du dossier par la France. Restait l’ultime étape, celle de la Commission à Bruxelles, qui a donc rendu une décision favorable. A cette annonce, les réactions ont été unanimes pour saluer le travail de l’APCM et de ses deux présidents successifs, le chef étoilé Joël Garault et Bernard Franco, avec le concours des membres de l’association sous la direction de Cédrick Hérisson.
Les félicitant également, le Maire de Menton, aujourd’hui président de la CARF délégué au développement économique, a rappelé que « le Citron de Menton a une histoire, il fait partie intégrante de la ville qui a connu grâce à lui son premier âge d’or. Cette économie doit être relancée, aux côtés des deux autres vagues de développement économique que sont le tourisme et l’économie du numérique. » Pour le maire de la cité du citron, l’IGP doit d’abord amener la filière à se structurer, à densifier sa production mais aussi à organiser celle-ci dans le respect du cahier des charges qui reconnaît les véritables qualités particulières du Citron de Menton.
Parallèlement, le Maire a fixé le cap pour la suite de la filière. Cette dernière ne pourra s’affirmer qu’avec le concours d’une force de promotion professionnelle et solide. En effet, si « le fruit d’or a une vraie force d’attraction », ce n’est pas une raison pour céder à toutes les facilités : « Désormais nous devons, avec les communes concernées et dont le nom engage l’image, faire du Citron de Menton un produit haut de gamme, car c’est ce qui fonctionnera dans ce secteur ultra-concurrentiel mondial (l’Italie, l’Espagne et le Portugal bénéficient aussi d’une IGP pour leurs citrons). A ce titre, il nous faut avoir une démarche de marketing digne de ce nom, au sein d’une structure spécialisée, pour réfléchir en termes d’image, de packaging et sur les produits dérivés. »
« Il faut que Menton redevienne enchâssée dans des citronneraies, comme autrefois. » Le Maire, rappelant ainsi que Menton a longtemps été considérée, jusque dans son étymologie, comme « le rocher des citrons », a fait allusion à l’histoire glorieuse de l’agrume. Celle qu’il a connue jusqu’au 18e siècle, quand la culture du « fruit d’or » faisait vivre la ville tout entière, et que la production s’exportait dans le monde pour lutter contre le scorbut ou illuminer les tables des plus grands. Après la fin de l’agrumiculture en 1956, et sa relance par la municipalité dès 1992, l’obtention de l’IGP en 2015 est une étape-clé dans la nouvelle vie du Citron de Menton. Mais le redémarrage de cette production, en plus de s’organiser avec les acteurs de la filière, ne pourra être pérennisé qu’avec l’intervention des collectivités.
A commencer par les mairies, dans la définition de leurs plans locaux d’urbanisme (PLU). A Menton, celui-ci, a déjà anticipé la place du citron : « Des terrains non constructibles et à vocation agricole seront dédiés à une agriculture identitaire et raisonnée » annonce le Maire. Menton, déjà membre consultatif à ce titre, vient par ailleurs de voter une délibération pour adhérer à l’APCM en tant que producteur avec voix délibérative. La Ville est en effet elle-même productrice de citrons, sur les terrains de la Casetta et du jardin du Palais de Carnolès.
L’IGP dont bénéficie le citron de Menton se base sur un cahier des charges strict, élaboré par l’APCM avec le concours de l’INAO (Institut National de l’Origine et de la qualité). Pour obtenir le droit d’apposer le label, gage de sérieux et de qualité, un producteur devra donc se conformer à ce cahier des charges. Taille des arbres, entretien et irrigation des parcelles, plantation des arbres, techniques de culture, conditions climatiques jusqu’à l’altitude des sols, et bien sûr certification des plants (par l’INRA Corse)…
Les obligations sont nombreuses et peuvent être expliquées par l’APCM qui organise, avec ses membres producteurs, des réunions d’information voire de formation. De quoi offrir au public le véritable « Citron de Menton », reconnu par les plus grands chefs étoilés pour sa qualité gustative et sa douceur uniques au monde.
La fête du citron de Menton a lieu généralement du 15 février au 3 mars de chaque année. Elle attire chaque année quelques 220.000 visiteurs.
La 87ème édition de la fête du citron de Menton de l’année 2020 a été annulée par les pouvoirs publics en raison de la situation sanitaire due au Coronavirus sévissant d’abord en Italie voisine, puis en France.
Site internet officiel de la Maison du citron de Menton
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