Parer : v.tr. (mot venant du latin parare « préparer, apprêter »).
Le verbe « parer » a plusieurs acceptions :
I)
1. Littéraire : Arranger ou orner dans l’intention de donner belle apparence (adorner, agrémenter, arranger, décorer, embellir, orner).
Citation de l’écrivain français Stendhal (1783-1842) : « L’église qui ce jour-là était parée de tous ses rideaux cramoisis ».
Spécialement : Parer une femme de bijoux, de dentelles (parure).
Par extension : Choses : Les bijoux, les grâces qui la parent (embellir).
2. Vêtir (quelqu’un) avec recherche (apprêter).
Parer quelqu’un pour une fête, une cérémonie.
Par métaphore : Citation de l’écrivain français Paul-Louis Courier de Méré (1772-1825) : « La vérité, dites-vous, ne veut aucun ornement ; tout ce qui la pare, la cache ».
3. Attribuer une qualité à.
Parer quelqu’un de toutes les qualités, de toutes les vertus (auréoler, orner).
4. Spécialement, en cuisine, « parer » c’est arranger de manière à rendre plus propre à tel usage (préparer).
Parer de la viande : ôter les éléments inutiles (gras, nerfs…), arranger pour la cuisson (barder, larder, ficeler, etc.).
On pare aussi une volaille et et plus rarement une tarte.
Technique : Parer une étoffe, du drap ; parer les cuirs, les peaux, leur faire subir certains apprêts.
Parer la vigne, la labourer avant l’hiver.
5. Maritime : Rendre, tenir prêt à servir ; mettre en ordre (après une manœuvre).
Parer les amures pour virer de bord.
Elliptique : Parer à virer.
Parer un abordage, l’éviter.
Spécialement : Parer un cap, le doubler.
6. Sens vieilli : Défendre, protéger (quelqu’un).
Sens moderne Je suis bien paré contre le froid.
Parer un coup, l’éviter ou le détourner.
Parer une attaque, l’esquiver.
Par métaphore : Détourner (une attaque, un accident).
– Citation de l’écrivain français Théophile Gautier (1811-1872) : « Il faut parer le coup […] par une bonne petite calomnie ».
Escrime : Parer une botte.
II) Verbe pronominal : se parer.
1. Verbe passif : Sens vieilli ou littéraire : Être orné, agrémenté.
Les bijoux dont se paraient ses bras.
Citation du dramaturge et comédien français Molière (1622-1673) : « Jamais son visage ne s’est paré de plus vives couleurs ».
Sens figuré : Citation du jésuite et prédicateur français Louis Bourdaloue (1632-1704) : « Le superflu, dont l’orgueil se pare ».
2. Se vêtir avec recherche (s’endimancher, se pomponner).
Sens figuré figuré et littéraire : Se parer de qualités empruntées.
Se parer des plumes du paon : se prévaloir de mérites qui appartiennent à autrui.
Citation de l’écrivain français Honoré de Balzac (1799-1850) : « Elle voulut s’habiller et se parer comme pour un jour de fête ».
Contraires : déparer, enlaidir.