Martial : Martial (en latin Marcus Valerius Martialis) était un poète latin d’origine espagnole (Bilbilis, aujourd’hui Calatayud, province de Saragosse en Espagne, 40 ap. J.-C. – idem 104 ap. J.-C.) réputé pour ses Épigrammes, qui sont des textes courts (de deux vers à une trentaine) dans lesquels il vise ses contemporains avec esprit, mais aussi avec ironie et mordant.
Il donne une idée très large de ce que pouvait être la vie quotidienne du monde des arts, des lettres et des spectacles. La précision et la dureté de ses traits sont célèbres. Il y attaque aussi les débauchés et les femmes âgées, grosses ou maigres.
Il est l’auteur de plus de mille cinq cents épigrammes, dont une carte des vins.
Martial naît le 1er mars 40 dans une petite ville de Tarraconaise, au nord de l’Espagne, à Bilbilis (actuelle Calatayud dans la province de Saragosse, en Espagne) dans un milieu plutôt aisé.
En 64, lorsqu’il quitte sa région pour Rome, où il espère trouver la fortune par le biais d’une activité d’écrivain, il cherche d’abord à s’adresser à la communauté espagnole, parmi laquelle il trouve Sénèque et Lucain, dont il devient client. C’est le début d’une vie de bohème, reposant entièrement sur le soutien de ses patrons, pratique assez courante à l’époque. L’année suivante, en 65, la conspiration menée contre Néron, dont Pison est la principale figure, est découverte et échoue. S’ensuit une longue période de répression, dont Sénèque et Lucain seront les victimes. Durant cette période, Martial se montre discret et trouve refuge notamment auprès de Quintilien, et de Pline le Jeune.
Grâce à son talent littéraire, il compose des poèmes pour ses « patrons », que ces derniers font passer pour les leurs, ce qui va d’ailleurs pousser Martial à s’attaquer à eux dans son œuvre. En 80, à l’occasion de l’inauguration du théâtre Flavien, il publie le Liber spectaculorum ou – titre apocryphe des éditeurs – Liber de spectaculis.
On lui accorde le privilège du ius trium liberorum, qui lui confère aussitôt une certaine notoriété sans toutefois résoudre ses problèmes d’argent. Aidé par Pline le Jeune, qui lui paie le voyage, il retourne en Tarraconaise, dans sa ville natale, en 98, dans une maison offerte par une admiratrice, Marcella. Martial meurt en 104, dans le regret de sa vie à Rome.
Autour de son village natal poussaient des vignes. Il ne l’a pas oublié car dans le 13e livre de ces Épigrammes, livre connus sous le titre de Xenia, on trouve un éloge des vins de Tarragone. Bon connaisseur, Martial savait apprécier tous les vins, le précieux falerne en Campanie, gardé jalousement pendant des années dans des petites bouteilles de verre (rien à voir avec les grosses amphores de vins ordinaires), les vins de Sétine, les vins de Cécube (vins de garde), les vins de la Grèce, des Gaules, d’Espagne (Hispanie).
Dans ce même épigramme, Martial prend pour cible un certain Bæticus, homme aux goûts grossiers, qui préférait les câpres, les oignons et le jambon aux mets raffinés que sont les lièvres, les sangliers, les faisans et qui buvait plus volontiers du vin résiné que du falerne.
Mais Martial était surtout friand des vins qui « avaient de la bouteille » , ou plutôt de « l’amphore » et que les Romains désignaient non pas par la date de l’année de la vendange mais du nom du consul (*) en fonction à ce moment.
Pour Martial, le dîner (cena), principal repas de la journée et moment important de la vie sociale avec le plus souvent un grand nombre d’invités, est bien-sûr un thème favori. La recherche par le client d’une invitation à dîner chez un maître occupe plusieurs épigrammes.
Fréquemment, et en particulier dans les épigrammes II,37, III,60,77,82, IV,46, V,78 VII,20,78 X,48, XI,52, Martial évoque la nourriture elle-même (qui illustre le niveau de richesse et le statut social du maître) en la qualifiant (origine, fabrication, couleur, goût). Nous savons ainsi que les mets de choix sont entre autres les cèpes (boleti), les huîtres (ostrea), le turbot (rhombus), le sanglier (aper), la tétine de truie (sumen), le lièvre (lepus), le croupion de tourterelles (clunes turturis), la grive (turdus).
(*) Dans l’Antiquité romaine, un consul était l‘un des deux magistrats qui exerçaient l’autorité suprême, sous la République.