Gui : n.m. (mot venant du latin viscum).
Le gui est une plante parasite (famille des Loranthacées – Nom botanique : Viscum album) à feuilles persistantes et à baies blanches, qui croît en grosses boules sur les branches de certains arbres (poirier, pommier, peuplier, plus rarement chêne d’où l’importance du gui sur cet arbre par les druides).
Le gui était une plante sacrée chez les Gaulois.
Locution : Au gui l’an neuf ! (associant le gui aux fêtes du premier de l’an) (jour de l’an).
S’embrasser sous le gui, à l’occasion de la nouvelle année.
La toxicité du gui : Les baies blanches et translucides de gui sont toxiques pour l’homme et peuvent causer des troubles digestifs et cardiovasculaires. Elles ne sont pas comestibles. Les baies de gui sont toxiques en raison de la présence de viscotoxines (*) dans ses feuilles et ses tiges. Les feuilles et baies de gui sont toxiques, voire mortelles, si elles sont consommées par les animaux domestiques et les herbivores des pâturages comme les vaches, les moutons ou encore les chevaux.
(*) Viscotoxine : Une viscotoxines est un membre d’un groupe de petites protéines produites par les plantes de gui qui sont capables de tuer les cellules et peuvent stimuler le système immunitaire .
La tradition du gui le jour de l’an : C’est à nos ancêtres les Celtes (**) que le gui doit sa bonne réputation et c’est plus ou moins par erreur qu’on leur attribue cette tradition qui consiste à s’embrasser sous une boule de gui. En effet, le gui étant une plante rare, qui pousse au gré des plantations capricieuses de certains oiseaux, il est pratiquement impossible de prévoir où elle se développera ou de la cultiver. Or, elle est une des rares, sinon la seule, qui fleurisse en cette saison, au solstice d’hiver. Symbole du renouveau, elle symbolise aussi la bonne santé et la chance. Les druides cueillaient le gui avec d’infinies précautions, celui-ci étant paré de bien des vertus médicinales. Le baiser sous le gui à l’an neuf puise donc aux plus anciennes sources druidiques. Il y a toutefois un contresens dans l’expression aujourd’hui commune.
L’expression celtique (**) à laquelle nous attribuons cette tradition du gui du nouvel an repose toutefois sur une erreur de traduction. Les Gaulois disaient en effet “o ghel an heu”, ce qui signifie “que le blé germe ”, et qui nous est parvenu sous la forme “ au gui l’an neuf ».
C’est donc plus tard, au XVIIIe siècle, que les Anglais ont importé chez nous cette coutume de s’embrasser sous une boule de gui le 31 décembre à minuit, afin de se placer sous de bons auspices et que l’année soit propice.
La coutume ayant encore évolué, il se dit en certains endroits que l’on doit embrasser la personne que l’on aime sous la boule de gui à minuit, sans quoi l’année qui vient nous serait mauvaise.
Mais d’autres encore suspendent une boule de gui à l’entrée de leur demeure, invitant ainsi leurs convives à passer dessous comme sous un portique vertueux et bienheureux. Cette tradition tient aujourd’hui davantage du folklore que de la véritable croyance, il est néanmoins amusant de constater que le gui, ce parasite des arbres, a ainsi acquis ses lettres de noblesse.
(**) Celtes : Qui a rapport aux Celtes, groupe de peuples de langue indo-européenne, dont la civilisation s’étendit sur l’Europe occidentale (Xe au IIIe siècle avant J.-C.).
