Rire : v. intr. (mot venant du latin populaire ridere).
Le verbe « rire » a de très nombreuses acceptions :
I) Verbe intransitif
1. Exprimer la gaieté par l’expression du visage, par certains mouvements de la bouche et des muscles faciaux, accompagnés d’expirations saccadées plus ou moins bruyantes (familier : se marrer, rigoler ; se dilater la rate, se fendre la pipe, se tenir les côtes).
Rire et sourire.
Avoir envie de rire.
Se mettre à rire.
– Citation de l’écrivain et journaliste français Roland Dorgelès, nom de plume puis nom officiel de Rolland Maurice Lecavelé (1885-1973) : « Tous ensemble partirent à rire, d’un rire énorme qu’ils forçaient encore » (s’esclaffer, pouffer ; hilare).
Rire pour un rien.
– Citation de l’écrivain et encyclopédiste français Denis Diderot (1713-1784) : « Qu’est-ce qu’il y a donc de si absurde […] pour vous faire rire de si bon cœur ».
Locution : Rire aux éclats, à gorge déployée, à en pleurer, aux larmes ; rire comme un bossu, une baleine (familier : se bidonner, se boyauter, se gondoler, se poiler, se tordre).
Rire à en faire pipi dans sa culotte.
Rire dans sa barbe, sous cape.
Rire jaune : expression populaire fréquemment employée pour désigner quelqu’un qui rit de manière quelque peu forcée, souvent pour cacher un mécontentement ou un désagrément..
Précédé d’un infinitif avec de : Éclater de rire, se mettre à rire brusquement et bruyamment.
Pouffer, se tordre de rire.
Pleurer de rire.
J’ai failli mourir de rire.
C’est à mourir, à crever de rire : très drôle.
On était tous morts de rire.
Personne, chose qui fait rire (drôle ; comique, hilarant, risible).
Impossible de le faire rire (dérider).
Locution : Avoir toujours le mot pour rire : plaisanter à tout propos.
Rire de…, à cause de.
Nous avons bien ri de ces plaisanteries.
Il n’y a pas de quoi rire.
Sens vieilli : rire à quelqu’un : sourire.
– Citation du dramaturge et comédien français Molière (1622-1673) : « On l’accueille, on lui rit ».
Locution : Rire aux anges : sourire distraitement et sans motif.
2. Se réjouir.
Locution proverbiale : Plus on est de fous, plus on rit.
– Citation de l’écrivain, journaliste, dessinateur humoristique, éditeur et patron de presse français François Cavanna (1923-2014) : « Plus on est de fous aux lèvres gercées plus on a mal quand on rit ».
Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
Jean qui pleure et Jean qui rit.
Rira bien qui rira le dernier, se dit de qqn qui triomphe et dont on espère triompher bientôt.
– Citation de l’écrivain français La Bruyère (1645-1696) : « Il faut rire avant que d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri ».
S’amuser : se divertir, s’égayer, se réjouir.
Rire et faire le fou.
– Citation de l’écrivain et poète français Victor Hugo (1802-1885) : « Le peuple a besoin de rire ; les rois aussi. Il faut aux carrefours le baladin ; il faut aux louvres [aux palais] le bouffon ».
Faire rire quelqu’un, l’amuser, le divertir.
– Citation du dramaturge et comédien français Molière (1622-1673) : « C’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens ».
3. Ne pas parler ou ne pas faire quelque chose.
Sérieusement (soit pour faire rire autrui, soit par ironie ou moquerie) (badiner, familier : blaguer, plaisanter)..
Vous voulez rire ? Je ne ris pas, c’est sérieux.
Cette affaire ne fait plus rire personne, elle est maintenant prise au sérieux.
C’est pour rire : ce n’est pas sérieux.
J’ai dit cela pour rire.
Populaire ou enfantin : C’est pour de rire.
Histoire de rire, histoire d’en rire : en manière de plaisanterie.
Sans rire, est-ce que… ?, sérieusement, est-ce que… ?
Au Canada (familier) : En pas pour rire : vraiment, beaucoup.
– Citation de l’écrivain québécois Yves Beauchemin (né en 1941) : « Redonne-lui des patates, il a l’air d’aimer ça en pas pour rire ! ».
4. Littérature : Avoir une expression, un aspect joyeux.
Ses yeux, sa bouche riaient (rieur).
– Citation de l’écrivain français Émile Henriot (1889-1961) : « Sur une humble façade riait le seul éclat d’un chaud crépi » (riant).
B. Idée de moquerie : Rire de : se moquer de, tourner en dérision (ce qui est ridicule ou méprisable) (se moquer, railler).
Rire des sottises, de la naïveté de quelqu’un.
– Citation de l’écrivain français Paul Léautaud (1872-1956) : « On rit mal des autres, quand on ne sait pas d’abord rire de soi-même ».
– Citation de Pierre Desproges, humoriste français (1939-1988) : « Il faut rire de tout. C’est extrêmement important ».
Faire rire de soi (risée).
Il vaut mieux en rire qu’en pleurer.
Au Canada : Rire de quelqu’un, s’en moquer. Tu veux rire de moi ?
Ces propos prêtent à rire.
Tu peux rire tant que tu voudras (aussi ricaner).
Locution : Vous me faites rire : je me moque de ce que vous dites.
Laissez-moi rire, me moquer de ce que vous dites.
Rire au nez, à la barbe de quelqu’un, se moquer de lui ouvertement.
Rire aux dépens de quelqu’un.
– Citation de l’écrivain et philosophe genevois Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) : « J’eus la bêtise de lui répondre et de me fâcher, au lieu de lui rire au nez pour toute réponse ».
II) Verbe pronominal : Se rire de :
1. Sens vieilli : Se moquer, rire de (quelqu’un).
Il se rit de vous.
2. Sens vieilli ou littéraire : Traiter par le mépris, le dédain.
– Citation du dramaturge et poète français Jean Racine (1639-1699) : « Le perfide triomphe et se rit de ma rage ».
Elles se sont ri de vos menaces.
Sens moderne : Se jouer (de ce dont on triomphe avec aisance).
Il se rit des difficultés.
Je m’en ris !