Ciel : n.m. (mot venant du latin cælum au sens de « séjour des dieux »)
Le mot « ciel » a de nombreuses acceptions :
Remarque : Le pluriel « ciels » désigne une multiplicité réelle ou une multiplicité d’aspects ; alors que le pluriel « cieux» est un pluriel collectif à nuance religieuse ou poétique, qui est remplaçable par le singulier sauf dans l’expression sous d’autres cieux.
I) Le ciel, les ciels, littéraire ou en locution les cieux.
L’espace et son aspect
1. Espace visible au-dessus de nos têtes, et qui est limité par l’horizon (air).
Un cerf-volant qui s’élève dans le ciel.
La voûte du ciel, des cieux (firmament).
Un ciel étoilé.
Les Gaulois avaient peur que le ciel ne leur tombe sur la tête.
Avions dans le ciel.
Locution : Sous le ciel ou sous les cieux : ici-bas, au monde.
Sous d’autres cieux : dans un autre pays, ailleurs.
Sous le ciel de Paris : à Paris.
Sous un ciel plus clément.
Entre ciel et terre : en l’air, et à une certaine hauteur (avec un sentiment de danger).
En plein ciel : très haut dans les airs.
Lever les yeux, les bras, les mains au ciel, les lever très haut.
Pompier du ciel.
Sens figuré : Tomber du ciel : arriver heureusement à l’improviste.
Qualifié, selon son aspect dû au temps ; pluriel des ciels :
État du ciel.
Ciel bleu, calme, clair, dégagé, pur, serein.
Ciel d’azur.
Ciel brumeux, chargé, cotonneux, couvert, nuageux, orageux, pommelé, pluvieux.
Ciel de traîne.
Ciel bas, lourd, menaçant ; ciel de plomb, noir.
Un ciel d’orage.
Le ciel se couvre, s’éclaircit.
– Citation de l’écrivain américain John Fante (1909-1983) : « Un matin incomparable : le bleu et le blanc des étoiles et du ciel étaient comme des couleurs du désert et je me suis arrêté pour les regarder tellement elles étaient douces et émouvantes, à se demander comment c’est possible pareille beauté. » dans le roman Demande à la poussière (Ask the dust) (1939).
– Chanson des Gardes suisses, 1793 :
« Notre vie est un voyage
Dans l’hiver et dans la Nuit,
Nous cherchons notre passage
Dans le Ciel où rien ne luit ».
Poétique : Eau du ciel (pluie).
Le feu du ciel (foudre).
Peinture : Partie d’un tableau, d’un décor représentant le ciel.
Les ciels du peintre Van Gogh (1853-1890).
Spécialement : Espace qui n’est pas masqué par les nuages.
Un coin, une échappée, une trouée de ciel (éclaircie, embellie).
Sens figuré : Un petit coin de ciel bleu : un peu d’espoir dans une période morose.
Apposition invariable : Bleu ciel : bleu clair et vif (azur).
Des étoffes bleu ciel.
Adjectif invariable : Des rubans ciel.
2. Astronomie : Espace vu d’une planète où semblent se mouvoir étoiles, planètes et galaxies.
La Terre, astre du ciel lunaire.
Spécialement : Espace vu de la Terre.
Carte du ciel.
Ciel boréal, austral.
Points, zones du ciel (nadir, zénith ; zodiaque).
Locution : Être écrit dans le ciel : être inéluctable.
Antiquité : Sphère transparente concentrique à la Terre, tournant autour d’elle et où se trouvent accrochés les astres (anciennes cosmologies).
Le septième, le huitième ciel.
Courant en locution : Être au septième ciel, dans le ravissement, au comble du bonheur (être aux anges)
Spécialement jouir dans l’acte sexuel (familier : s’envoyer en l’air).
3. Rare et littéraire : L’espace où se meuvent les astres (cosmos, espace).
La terre et le ciel.
L’infini des cieux (univers).
Courant : Remuer ciel et terre.
II) Le ciel, les cieux. Lieu surnaturel
1. Séjour des dieux, des puissances surnaturelles (imaginé comme analogue au ciel ; au-delà, empyrée).
Notre Père qui es aux cieux.
Le royaume des cieux.
Monter au ciel (ascension, assomption).
La reine, la Dame du ciel : la Sainte Vierge.
2. Séjour des bienheureux, des élus à qui est accordée la vie éternelle (paradis ; céleste).
Aller, partir au ciel : mourir.
Il est au ciel : il est mort.
La divinité, la providence.
Prier, remercier le ciel.
La justice, la clémence du ciel.
C’est le ciel qui t’envoie.
Le ciel m’est témoin (dieu).
Locution proverbial : Aide-toi, le ciel t’aidera.
Au nom du ciel ! : je vous (t’) en supplie.
Grâce au ciel : heureusement.
Plût au ciel !
Le ciel soit loué !
Interjection littéraire : Ciel ! Ô ciel ! Juste ciel !, marquant la surprise, la crainte, la joie.
Ciel ! mon mari : exclamation classique du vaudeville que laisse échapper la femme adultère prise sur le fait.
Exclamation reprise par l’animateur de télévision Christophe Dechavanne en : Ciel mon mardi, émission qui avait lieu le mardi soir.
III) Un ciel, des ciels. Ce qui surmonte
1. Ciel de lit : baldaquin au-dessus d’un lit.
Des ciels de lit.
2. Plafond, voûte d’une excavation (mine, carrière).
Ciel de carrière.
Carrière à ciel ouvert, exploitée à découvert, sans souterrain, ni puits.
Courant : À ciel ouvert : en plein air.
Piscine, restaurant à ciel ouvert.
