Drouant (restaurant) : Le Drouant est un célèbre et grand restaurant parisien fondé en 1880 par Charles Drouant. Il est situé au 16-18, place Gaillon, dans le 2e arrondissement, dans le quartier de l’Opéra Garnier.
Le restaurant Drouant accueille mensuellement (le premier mardi de chaque mois) depuis 1914 les jurés du prix Goncourt et depuis 1926 ceux du prix Renaudot.
Les cuisines du restaurant sont dirigées en 2020 par le chef Émile Cotte.
Histoire du restaurant Drouant : Le bar-tabac fondé par l’Alsacien Charles Drouant, en 1880, devient au tournant du siècle un lieu prisé de la société parisienne pour la dégustation d’huîtres qu’il fait venir chaque semaine de chez son beau-frère, ostréiculteur breton. C’est son fils Jean Drouant qui prendra la succession en 1914, puis le neveu de ce dernier, prénommé également Jean Drouant de 1946 à 1976. Ce dernier laissera son nom à l’école hôtelière située rue Médéric à Paris, l’École hôtelière de Paris-Jean Drouant, qui s’appelle désormais le lycée des métiers de l’hôtellerie Jean-Drouant.
Il décide en 1976 de vendre le restaurant avec le nom à Robert Pascal, un bougnat aveyronnais qui est entré chez Drouant comme commis et y a travaillé pendant quarante ans. Puis le restaurant Drouant change plusieurs fois de main entre 1986 et 2006. Grâce au chef Louis Grondard, le Drouant reçoit une, puis deux étoiles entre 1988 et 2005.
En 2006, le chef alsacien 3 étoiles Antoine Westermann, compatriote et parent de la famille Drouant, devient le nouveau chef et propriétaire du lieu, qui devient le Drouant par Antoine Westermann.
En 2018, les frères Gardinier acquièrent le restaurant Drouant, intégrant dorénavant le groupe Gardinier & Fils.
La cuisine : Depuis 2018, Émile Cotte est le chef de cuisine du restaurant Drouant et propose une carte imaginée autour de produits de saison. Cuisinier natif du Limousin, Émile Cotte a fait ses classes auprès de Guy Savoy, de Frédéric Anton (Le Pré Catelan) et d’Alain Solivérès (Le Taillevent). Pendant six ans, il a composé au restaurant Les 110 de Taillevent.
Le décor du restaurant Drouant : Côté décoration, les salons privatifs dans les étages sont toujours là et la salle du rez-de-chaussée s’est dotée d’un décor clair et gracieux dans un esprit néo-classique réalisé par l’architecte Pascal Desprez.
Pour commémorer les 100 ans du prestigieux prix Goncourt, les murs arborent depuis 2014 une citation gourmande de chacun des 10 membres actuels du jury présidé par Bernard Pivot.
Les prix littéraires : Les jurés des deux prix (Goncourt et Renaudot), une fois élus, disposent d’un couvert à vie chez Drouant.
Le Goncourt : Fondé en 1903 par l’écrivain français Edmond de Goncourt (1822-1896), l’académie Goncourt regroupe dix membres à vie qui se réunissent, depuis le 31 octobre 1914, tous les premiers mardis du mois dans le salon du premier étage de Drouant (nommé salon Goncourt) pour discuter de l’actualité littéraire. À la rentrée, le jury Goncourt annonce une première puis une deuxième sélection de livres, et décide lors d’un déjeuner et d’un vote au début novembre le lauréat du prix Goncourt de l’année. Tout le processus se déroule dans le salon Goncourt du restaurant.
Les dix membres de l’académie Goncourt sont cooptés par les autres membres et désignés à vie. Ils sont bénévoles, hormis le couvert qui leur est assuré chez Drouant.
Les membres du jury Goncourt en 2020 :
Bernard Pivot, président du jury, membre depuis 2004
Didier Decoin, membre depuis 1995
Françoise Chandernagor, membre depuis 1995
Éric-Emmanuel Schmitt, membre depuis 2016
Tahar Ben Jelloun, depuis 2008
Patrick Rambaud, depuis 2008
Virginie Despentes, depuis 2016
Pierre Assouline, depuis 2012
Philippe Claudel, depuis 2012
Paule Constant, depuis 2013
Le Renaudot : En 1926, dans l’attente des résultats, des écrivains décident de créer un prix supplémentaire dans les mêmes conditions de lieux que le Goncourt, le prix Renaudot. Outre le prix principal, le jury décerne chaque année, depuis 2003, un prix Renaudot de l’essai et, depuis 2009, un prix Renaudot du livre de poche. Il existe également depuis 1992 un prix Renaudot des lycéens.
Les membres du prix Renaudot en 2020 :
Christian Giudicelli
Dominique Bona
Franz-Olivier Giesbert
Georges-Olivier Châteaureynaud
Jean-Marie Gustave Le Clézio
Jean-Noël Pancrazi
Louis Gardel
Patrick Besson
Jérôme Garcin
Frédéric Beigbeder.
Site internet officiel du restaurant Drouant
Carte et menus du restaurant Drouant
Le Drouant dans la culture populaire : Une scène du film Le Corniaud (1965) y est tournée.[/vc_column_text]
Le Drouant : gastronomie et littérature
Début du XXe, le Drouant était spécialisé dans les fruits de mer et attira une clientèle de journalistes et d’écrivains, tels que Jean Ajalbert, Léon Daudet, Octave Mirbeau et les frères Rosny.
Le Drouant s’agrandit vite et conquit sa renommée grâce à sa cave (crus de vins blancs, en particulier). Les journalistes de la Justice, le journal de Clemenceau, ayant eu l’idée d’organiser des dîners hebdomadaires, les « dîners du vendredi », Jean Ajalbert proposa Drouant, « honorable cuisine et vins loyaux, et quelques cabinets particuliers au premier étage ». Mais c’est en octobre 1914 que le restaurant entra vraiment dans l’histoire littéraire, lorsque l’Académie Goncourt décida d’y tenir ses assises, après avoir siégé au Grand Hôtel, chez Champeaux, puis au Café de Paris.
Il y eut de nombreux gourmets parmi les académiciens Goncourt, dont Huysmans, thuriféraire du hareng, Léo Larguier, amateur de fruits onfits d’Apt et de bouillabaisse, Raoul Ponchon et surtout Léon Daudet, qui instaura le service du blanc de blancs, toujours en vigueur. Le testament d’Edmond de Goncourt précisait que le repas devait coûter vingt francs par convive, et les académiciens paient aujourd’hui encore l’équivalent de cette somme en euros. La tradition voulait aussi que le dernier des élus élaborât le menu, mais il fut décidé, en fait, de faire confiance au plus gourmet, puis au secrétaire, après une initiative malencontreuse d’Octave Mirbeau, qui, en 1907, fit servir du chou rouge, ce qui indisposa les convives. Ces quelques menus, échelonnés sur plusieurs décennies, ont été servis, selon la tradition, dans le salon Louis XVI du deuxième étage, autour d’une table ronde à nappe damassée (les couverts en vermeil, gravés au nom des convives, sont conservés dans un coffre).
Ci-après quelques années de Goncourt gastronomique :
– 1933 (lauréat : André Malraux pour La Condition humaine) : huîtres, brochet boulangère, dindonneau rôti pommes de terre en liards, cèpes à la bordelaise, fromages, glace pralinée et fruits.
– 1954 (lauréate : Simone de Beauvoir pour Les Mandarins): huîtres, turbot grillé, poularde de Bresse au champagne, fromages, soufflé à la liqueur et fruits confits.
– 1981 (lauréat : Lucien Bodard pour Anne-Marie) : béluga de la mer Caspienne, foie gras à la gelée de porto, homard Drouant, gigue de chevreuil Saint-Hubert, crème de marron, fromages, soufflé glacé aux avelines avec mignardises.
– 2019 (lauréat : Jean-Paul Dubois pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon) : Huître juste tiède, poireaux, champagne, caviar.
Tourteau et homard, royale de céleri au paprika fumé
Saint-Jacques, viennoise, oignons doux, infusion de parmesan
Bar, gnocchis vert tendre au cresson, crème de champignons
Canard colvert et foie gras, chou vert, jus de civet
Brie de Meaux aux truffes
Choux, chocolat noir chaud Guanaja 70 %, glace vanille d’Ouganda.
Le tout accompagné de Champagne Delamotte, et Pol Roger, d’un Margaux Château Rauzan-Ségla 2010, et d’un Collioure Coume Del Mas 2016.
